Deux 31 octobre de suite. Deux tournants majeurs dans l’histoire du Maroc. En 2025, c’était l’adoption de la résolution historique 2797 du Conseil de sécurité, qui consacrait le Plan marocain d’autonomie comme base des négociations pour le règlement du dossier du Sahara. Un an plus tard, jour pour jour, le 31 octobre 2026, c’est le mandat de la MINURSO qui arrive officiellement à son terme, après sa non-reconduction par le Conseil de sécurité la veille (lire notre dossier en pages 4 à 6). Paradoxalement, la dernière réunion du 30 octobre, au cours de laquelle le projet de résolution américain s’est heurté au veto russe, aurait pu être interprétée comme un revers diplomatique pour le Maroc. Mais ce veto, loin d’être une surprise, était anticipé depuis plusieurs jours. Et deux choix se présentaient alors. Le premier consistait à reprendre les négociations habituelles sur les termes du projet américain, à revoir certaines formulations et à rechercher de nouveaux compromis pour éviter le veto. Une démarche qui aurait probablement conduit à reconduire, une fois encore, le dispositif existant. Le second était de saisir cette occasion pour remettre en question les mécanismes qui encadraient le traitement du dossier depuis 35 ans. C’est cette deuxième voie qui a été retenue. Le Maroc n’a pas cherché à dissuader la Russie d’opposer son veto. Et le résultat est là : la Minurso, dont le mandat était devenu largement décalé par rapport aux réalités politiques et diplomatiques actuelles, n’a pas été reconduite. Ce choix prend tout son sens au regard de l’évolution du dossier ces dernières années. Le Plan d’autonomie bénéficie aujourd’hui d’un soutien international considérable, tandis que le référendum auquel renvoie encore l’appellation de la Minurso a disparu depuis longtemps des perspectives de règlement. Continuer à reconduire indéfiniment les mêmes mécanismes revenait aussi à prolonger une situation qui ne correspondait plus aux nouvelles réalités du dossier. C’est précisément cette rupture que SM le Roi Mohammed VI a voulu incarner à travers l’institution de l’Aïd Al Wahda : passer d’une logique de gestion du dossier à une transformation de ses paramètres. Et c’est bien ce qui s’est produit ce 30 octobre 2026. Pour la première fois depuis 35 ans, le Maroc n’a pas cherché à obtenir coûte que coûte une nouvelle reconduction de la Minurso. Il a préféré laisser s’achever un mandat dont la raison d’être était devenue largement dépassée. Un changement de méthode qui modifiera durablement la suite du dossier. Recevez les dernières actualités d’Aujourd’hui Le Maroc directement sur WhatsApp
Deux 31 octobre de suite. Deux tournants majeurs dans l’histoire du Maroc. En 2025, c’était l’adoption de la résolution




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