Malgré les dénonciations de toutes les formes de violence, quel qu’en soit l’auteur, les féminicides continuent de faire des victimes dans notre pays, dans un contexte marqué par la célébration de la campagne « Octobre rose ». Durant tout le mois, des stratégies de plaidoyer, de prévention et de lutte contre les cancers ont été déployées, avec pour objectifs d’alléger les souffrances des victimes et de leurs proches, de dissiper les craintes et de susciter des changements de comportement. Mais certains hommes ont assombri ce mois d’espoir. Leur jeu favori : donner un coup de pied dans la fourmilière, comme pour rappeler que, dans leur imaginaire, « la femme est leur propriété ». Les féminicides survenus en octobre ont ainsi donné un visage macabre à ce mois consacré à la sensibilisation et à la lutte contre les cancers féminins. Dans une chronique publiée en début de semaine sur sa plateforme digitale Mousso.sn, l’enseignante-chercheuse Fatoumata Bernadette Sonko déplore la précarité de la vie des femmes dans notre pays. Intitulée « Décidément, la vie des Sénégalaises n’est que vilénie », sa contribution dénonce cette vague de tueries, mais aussi l’inaction des autorités compétentes. « Mine de rien. Dans l’indifférence. La misogynie. Le féminicide continue à toquer à toutes les portes. En l’espace de 24 heures. Dans le même pays. Deux femmes tuées par deux hommes. Mame Diarra Sow, une coiffeuse de 24 ans, poignardée à mort à Thiès, et Aminata Sy, élève en classe de Terminale, âgée de 17 ans, retrouvée morte et ligotée dans un sac à Podor », déplore l’enseignante-chercheuse. Dans plusieurs localités, les femmes continuent de perdre la vie dans un contexte souvent marqué par des rapports sociaux inégalitaires et la prééminence masculine. Mais les violences ne se limitent pas aux agressions physiques. Les femmes subissent également des violences psychologiques et des souffrances silencieuses, parfois banalisées ou passées sous silence. La société ferme les yeux et peine à regarder certaines réalités en face. Le mois d’Octobre rose a également remis en lumière le sort de nombreuses femmes confrontées à la maladie. Certaines victimes du cancer du sein se retrouvent parfois abandonnées par leur partenaire. D’autres voient leur vie bouleversée par un cancer du col de l’utérus, lié, dans la grande majorité des cas, à une infection persistante par le papillomavirus humain (Hpv), qui peut se transmettre au sein du couple. D’autres encore, dans l’espoir de retenir leur partenaire ou de raviver son désir, recourent à des produits présentés comme aphrodisiaques, au risque de mettre leur santé en danger. Au Sénégal, le cancer du col de l’utérus figure parmi les principaux cancers touchant les femmes et constitue un problème majeur de santé publique. Selon l’Organisation mondiale de la santé (Oms), presque tous les cas de cancer du col de l’utérus sont liés à une infection persistante par des types de papillomavirus humains à haut risque. Les Hpv 16 et 18 sont notamment responsables d’une part importante de ces cancers. Cette maladie demeure une cause importante de morbidité et de mortalité chez les femmes. Les hommes, eux, ne développent ce type de cancer, mais sont néanmoins susceptibles de contracter le Hpv et le transmettre à leurs partenaires lors de rapports sexuels ou de contacts intimes. Les femmes peuvent ainsi contracter et transmettre ce virus. Dans leur plaidoyer, les médecins rappellent ainsi que la responsabilité des hommes ne saurait être éludée dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus. Ils ne leur attribuent pas la responsabilité de la transmission du Hpv, puisque les deux partenaires peuvent être infectés, souvent sans présenter de symptômes. Il s’agit plutôt de souligner leur rôle dans la prévention et la protection de la santé de leurs partenaires, de les inciter à plus de bienveillance et de comportements sexuels responsables. Dans cette perspective, la vaccination ne devrait pas concerner uniquement les filles selon les spécialistes de la santé. Ils plaident pour la vaccination de la gent masculine en vue de prévenir les infections par le Hpv et de réduire sa circulation dans la population… matel.bocoum@lesoleil.sn
Malgré les dénonciations de toutes les formes de violence, quel qu’en soit l’auteur, les féminicides continuent de faire


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