La hausse des prix des carburants, entrée en vigueur au début du mois de novembre, suscite une nouvelle vague de mécontentement au Royaume. Le gasoil se vend désormais à 17 dirhams le litre, voire davantage, alimentant les inquiétudes quant à ses répercussions sur les prix des produits de première nécessité et des services liés au transport et à la distribution. Au-delà de cette nouvelle augmentation, la question de la formation des prix et de la répartition des charges entre les différents acteurs du secteur revient au centre du débat. Des économistes réclament davantage de transparence sur les marges bénéficiaires des sociétés de distribution et appellent à revoir les dispositifs gouvernementaux destinés à atténuer les effets de la vie chère. Ils s’interrogent notamment sur la capacité de ces mesures à contenir durablement les hausses et à préserver le pouvoir d’achat des consommateurs. Cette situation intervient alors que le gouvernement envisage, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027, une augmentation pouvant atteindre 5 % de l’impôt sur les bénéfices des entreprises opérant dans le secteur des carburants. Une perspective qui suscite déjà des interrogations sur le risque de voir cette charge fiscale répercutée sur les prix à la pompe. La formation des prix en question Pour l’économiste Abderrazak Thami, il est difficile d’expliquer objectivement la hausse du gasoil sans disposer d’une connaissance précise de la structure des prix. Il appelle le gouvernement, les autorités de tutelle et les sociétés de distribution à rendre publiques les différentes composantes du coût d’un litre de carburant, depuis le prix d’achat jusqu’aux frais de transport, d’assurance et de stockage, en passant par les taxes. « La connaissance de ces détails est le seul moyen de déterminer si les augmentations sont liées à la couverture de coûts réels ou si elles servent à accroître les marges bénéficiaires des entreprises », affirme-t-il dans une déclaration à Hespress . L’absence de données détaillées, estime-t-il, favorise les interprétations approximatives et empêche d’établir les responsabilités dans la formation des prix. L’économiste avance plusieurs explications possibles à la hausse du gasoil, dont le prix a atteint des niveaux records à 17 dirhams le litre. Celle-ci pourrait résulter d’une augmentation du prix d’achat en dollars sur les marchés internationaux, mais également d’une dépréciation du dirham sur le marché des changes. Dans ce dernier cas, les coûts d’approvisionnement sur le marché national augmenteraient mécaniquement, même en l’absence de hausse des cours internationaux. Pour départager ces hypothèses, Thami estime indispensable de connaître le prix d’achat initial en devises, le taux de change appliqué au moment de la transaction ainsi que les frais de logistique et d’expédition. Autant d’éléments qui permettraient, selon lui, de déterminer quels acteurs bénéficient effectivement des écarts de prix. Des aides jugées insuffisantes La question des mécanismes de soutien aux professionnels du transport constitue un autre point de tension. Abdelrazak Tihami considère que les interventions gouvernementales en faveur de ce secteur ne répondent pas à l’ampleur des augmentations enregistrées. « Les interventions gouvernementales pour soutenir les professionnels du transport ne constituent pas une solution structurelle efficace, car elles ne couvrent pas l’ampleur réelle des fortes augmentations », estime-t-il. Il rappelle que ces dispositifs avaient été conçus pour faire face à une crise considérée initialement comme temporaire et de courte durée. L’économiste souligne également que ces aides laissent de côté de nombreuses catégories de travailleurs qui utilisent leurs véhicules personnels dans le cadre de leur activité professionnelle et supportent intégralement la hausse des prix des carburants. Il plaide ainsi pour une répartition plus équitable des coûts entre les différents acteurs du marché. Les distributeurs devraient, selon lui, prendre en charge une partie de la hausse, tandis que l’État pourrait renoncer à une fraction des droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Une approche qui permettrait, estime-t-il, de dépasser les mesures ponctuelles jugées insuffisantes. Le risque d’une répercussion fiscale sur les consommateurs La perspective d’une augmentation de l’impôt sur les bénéfices des entreprises du secteur des carburants en 2027, à hauteur d’environ 5 %, soulève également des inquiétudes. Abdelrazak Tihami redoute que la position dominante de ces sociétés sur le marché leur permette de répercuter directement cette charge fiscale sur les prix de vente, afin de préserver leurs marges bénéficiaires. Le consommateur final pourrait ainsi supporter, en définitive, l’essentiel de cette hausse d’impôt. Une perspective qui interroge sur l’efficacité d’une fiscalité accrue appliquée au secteur, si celle-ci devait se traduire par une nouvelle augmentation des prix à la pompe et accentuer les pressions sur le pouvoir d’achat. Une baisse des taxes réclamée en urgence De son côté, l’universitaire et économiste Omar Kettani qualifie de « catastrophe » la hausse du gasoil à 17 dirhams le litre, voire davantage. Il rappelle que ce carburant figure parmi les plus consommés au Maroc et déplore que les automobilistes se retrouvent seuls face à une flambée des prix sans précédent dans les stations-service. Dans une déclaration à Hespress , il appelle à une intervention urgente des pouvoirs publics, sous la forme d’une réduction immédiate des taxes sur les carburants, afin d’alléger la pression sur les consommateurs. Kettani estime toutefois que le manque à gagner pour les finances publiques résultant d’une telle mesure devrait être compensé par une politique d’austérité rigoureuse au sein des administrations et des établissements publics. Entre exigences de transparence, révision des mécanismes de soutien et réduction de la fiscalité, les propositions des économistes convergent ainsi vers une même préoccupation : empêcher que la hausse des carburants ne se transforme en un facteur supplémentaire d’érosion du pouvoir d’achat des ménages marocains. The post Carburants : la hausse du gasoil à 17 dirhams ravive les inquiétudes sur le pouvoir d’achat appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc .
La hausse des prix des carburants, entrée en vigueur au début du mois de novembre, suscite une nouvelle vague de méconte





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