Un rejet de la loi de finances rectificative (LFR) par l’Assemblée nationale pourrait avoir des conséquences à la fois budgétaires, économiques et politiques. Le rejet de la loi de finances rectificative (LFR), ce 27 octobre, entrainerait pour le Gouvernement une marge de manœuvre budgétaire réduite pour l’exercice 2026. Le Gouvernement se verrait priver de l’autorisation parlementaire nécessaire, à la mise en œuvre des modifications proposées. Il devrait alors continuer à s’appuyer sur les crédits et les autorisations budgétaires en vigueur, dans les limites prévues, par les textes applicables. Des risques pour la trésorerie des entreprises et l’exécution des investissements C’est probablement l’un des enjeux économiques les plus immédiats, compte tenu des arguments avancés par le Gouvernement lors de sa conférence de presse du 25 octobre 2026. Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo rappelait lors de cette conférence de presse « si la LFR n’est pas votée, des entreprises du BTP, les fournisseurs de l’État et les prestataires publics pourraient notamment subir les effets d’un éventuel report des paiements ou de la reprise de certains chantiers ». Les conséquences pourraient se répercuter sur les sous-traitants, l’emploi et les revenus des ménages. L’impact dépendrait cependant des crédits déjà disponibles, des engagements existants et des dispositions précises du projet rejeté. Un bras de fer institutionnel et un risque pour la crédibilité financière du Sénégal Un blocage pourrait susciter des interrogations chez les partenaires financiers et les investisseurs. Une telle crise de confiance est susceptible de fragiliser la stratégie économique gouvernementale, si elle se prolonge sans compromis. Cependant, le rejet intervenu en commission des Finances ne vaut pas rejet définitif du projet. Le texte doit encore être examiné en séance plénière, ce 27 octobre. L’enjeu se situe sur la posture adoptée par les députés. Il s’agira de voir s’ils rejettent définitivement le texte ou s’ils chercheront à en modifier les arbitrages. L’article 86, alinéa 6, de la Constitution cet autre mécanisme d’arbitrage L’article 86, alinéa 6, de la Constitution sénégalaise permet au Premier ministre, après délibération du Conseil des ministres, d’engager la responsabilité du Gouvernement devant l’Assemblée nationale sur le vote d’un projet de loi de finances. Le texte est alors considéré comme adopté, sauf si une motion de censure est déposée, dans les 24 heures puis votée dans les conditions constitutionnelles prévues. Les spécialistes du droit public sont cependant partagés sur la question. D’aucuns jugent cette interprétation extensive. En pratique, si cette procédure était jugée applicable, elle permettrait au Gouvernement de faire adopter le projet, sans obtenir un vote favorable des députés. En contrepartie, elle l’exposerait au risque, d’une motion de censure. O.BA
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