Pour l’expert et conseiller technique au ministère de l’Artisanat et du Tourisme, Mouhamadou Faouzou Dème, les Joj vont booster le secteur touristique, mais également permettre de vendre la destination Sénégal. Analysant les impacts des jeux, il considère que cet événement sportif va permettre de remplir les hôtels en 2026, d’exposer le Sénégal dans 206 pays et de créer une offre touristique, sportive et culturelle qui doit durer après les jeux. Il souligne que les Joj provoquent un choc de demande immédiat : 2.700 athlètes, 206 délégations, des officiels, des médias et des familles arrivent en même temps, auxquels s’ajoute environ un million de spectateurs attendus. Pour les absorber, M. Dème soutient que près de 5.000 chambres ont été sécurisées dans 74 hôtels à Dakar, Diamniadio et Saly dont 2.500 réservées aux seuls accrédités. Le King Fahd Palace est déjà complet et logera 15 chefs d’État. « C’est un taux d’occupation réel, pas une projection », précise-t-il. L’autre avantage, selon Mouhamadou Faouzou Dème, c’est que les Joj constituent une vitrine mondiale de 14 jours, avec 25 disciplines et 239 épreuves diffusés dans 206 pays. À l’en croire, aucune campagne de l’Agenge sénégalais pour la promotion touristique ne peut acheter une telle exposition. « L’effet est déjà visible : les réservations françaises ont augmenté de 18% après le salon Top Resa. Les Joj attirent un public qui ne serait jamais venu pour un séjour balnéaire et qui découvre le Sénégal par le sport », soutient Mouhamadou Faouzou Dème. Ce qui lui fait dire que Dakar 2026 ne vend pas une seule ville, mais trois expériences complémentaires : « Dakar pour l’urbain et la culture, avec Iba Mar Diop rénové et la Piscine olympique ; Diamniadio pour la modernité, avec le Stade Abdoulaye Wade, le Dakar Arena et le Village olympique de 2.079 lits ; Saly pour le balnéaire, avec 6 sports de plage et d’eau. Le parcours de la flamme, long de 50 jours et 30 étapes, construit avec l’Aspt, prolonge cette exposition à tout le patrimoine national », analyse M. Dème. Pour lui, le touriste des Joj ne doit pas rester cantonné au stade. « 964.815 billets sont en vente dès 1.000 FCfa, dont plus de 300.000 intégrés dans un programme solidaire pour les jeunes et les écoles. Les Foires des Joj de la Ville de Dakar, du 31 octobre au 15 novembre, alignent 3 sites, 230 stands, 19 communes et 1.000 opportunités cartographiées. C’est là que l’artisan, le restaurateur et le guide transforment le spectateur en client », indique Mouhamadou Faouzou Dème. L’autre pari du Sénégal, à ses yeux, réside dans la réhabilitation plutôt que dans la construction. Iba Mar Diop, la Piscine olympique et le Village de Diamniadio doivent, selon lui, rester exploitables après les jeux pour des stages, des compétitions et du tourisme sportif. Il estime que l’héritage, ce n’est pas un stade vide, mais une compétence et une offre qui se vendent toute l’année. « Le Sénégal a dépensé 104 milliards de FCfa pour prouver au monde qu’il sait accueillir. En face, il met en jeu 795 milliards de FCfa de recettes touristiques par an, soit 7 % de son Pib et son objectif de 3 millions de visiteurs. Réussir les Joj, ce n’est pas seulement gagner des médailles : c’est gagner la confiance qui fera venir les touristes pendant 10 ans », ajoute le spécialiste. Par Demba DIENG
Pour l’expert et conseiller technique au ministère de l’Artisanat et du Tourisme, Mouhamadou Faouzou Dème, les Joj vont


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