Le contrôle des finances publiques ne doit plus se limiter à la vérification des comptes. Il peut également contribuer à la croissance économique, à l’efficacité des investissements et à la confiance des citoyens dans les institutions. C’est le message défendu par Zineb El Adaoui, première présidente de la Cour des comptes, lors d’une session consacrée à l’audit gouvernemental, organisée jeudi à Moscou, en marge du Forum économique et humanitaire Russie-Afrique. Intervenant par visioconférence lors de cette rencontre intitulée « L’audit gouvernemental, une garantie pour une croissance économique durable », la responsable marocaine a souligné l’influence directe des institutions supérieures de contrôle des finances publiques et de comptabilité sur les économies africaines. « Le travail et l’activité des institutions supérieures de contrôle des finances publiques et de comptabilité des pays africains ont une incidence directe sur la vie économique et la prospérité de ces pays », a-t-elle affirmé. Au-delà des lignes directrices et des plans d’action déjà adoptés pour atteindre des indicateurs précis, Zineb El Adaoui a appelé à adapter les méthodes de travail aux réalités actuelles. L’enjeu, a-t-elle expliqué, est de permettre aux institutions de contrôle de développer une approche capable de répondre aux besoins immédiats des pays concernés. Les grands investissements publics au cœur du contrôle Au Maroc, la Cour des comptes accompagne les opérations liées aux grands projets nationaux, en particulier ceux placés sous le patronage et bénéficiant du soutien du roi Mohammed VI, a rappelé sa présidente. Cette mission consiste notamment à identifier les insuffisances financières constatées dans leur réalisation, puis à contribuer à leur correction et à leur résorption. L’accompagnement des grands investissements publics constitue également un axe majeur de son action. El Adaoui a évoqué plusieurs priorités, dont l’amélioration des dispositifs de gestion et de pilotage des investissements publics, la création d’une agence nationale chargée de leur accompagnement et la mobilisation des ressources du budget de l’État. Ce dernier volet englobe la gestion des recettes fiscales ainsi que le recouvrement des créances et des différentes sommes dues au Trésor. La responsable a, par ailleurs, rappelé que la Cour des comptes devait veiller à l’exécution des dispositions de la loi de finances de l’État, en accordant une attention particulière au secteur public lors de l’examen de sa mise en œuvre. L’institution entend aussi contribuer à lever les obstacles qui entravent les investisseurs, dans le but de renforcer les complémentarités entre les secteurs public et privé. Son intervention passe notamment par le suivi et le contrôle financiers, avec une attention particulière portée à l’agriculture, aux ressources en eau et à l’énergie. Les entreprises publiques et privées figurent également parmi les acteurs que la Cour entend accompagner, notamment dans leurs efforts de développement du marché du travail. La transition énergétique, un défi pour l’économie nationale L’efficacité du contrôle financier revêt, selon Zineb El Adaoui, un enjeu économique plus large : ces interventions doivent contribuer à stimuler la croissance du pays. Elle a notamment attiré l’attention sur les effets des législations européennes relatives à la « taxe carbone », dont les répercussions pèsent actuellement de manière significative sur l’économie nationale. Dans ce contexte, l’accompagnement de la transition énergétique constitue un chantier en cours, a-t-elle indiqué, soulignant indirectement la nécessité d’adapter les instruments de suivi et de contrôle aux transformations qui affectent l’économie. Pour la présidente de la Cour des comptes, il ne suffit toutefois pas de multiplier les mécanismes de contrôle. Il faut également anticiper les effets de ces interventions sur la croissance et évaluer régulièrement la pertinence des approches retenues au regard des missions et des défis contemporains. « Nous mesurons aujourd’hui l’importance de planifier cet impact, mais aussi d’évaluer la pertinence de nos approches et leur adéquation avec les missions et les défis actuels. Il me semble que nous devons avancer ensemble dans cette voie », a-t-elle déclaré. La session, qui a réuni des représentants des institutions de contrôle des finances publiques de Russie, du Sénégal, du Niger, du Tchad et de la République arabe d’Égypte, a ainsi mis en avant la nécessité de faire évoluer l’audit gouvernemental au-delà de sa fonction traditionnelle de vérification financière. Les participants ont souligné son potentiel en tant qu’instrument stratégique pour favoriser une croissance économique durable, garantir une utilisation optimale des ressources publiques et consolider la confiance des citoyens dans les institutions gouvernementales. The post Forum Russie-Afrique : El Adaoui entend renforcer l’accompagnement des investissements publics appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc .

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