Les États-Unis avaient souhaité soumettre à l’impôt les primes versées aux sélections participant au Mondial 2026, dont les 20 millions de dollars attribués au Maroc, a révélé Fouzi Lekjaa. Devant les députés, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique a également détaillé les exonérations fiscales prévues pour la Coupe du monde 2030, ainsi que le mécanisme du Fonds d’héritage de la FIFA, doté d’environ 100 millions de dollars au profit du pays organisateur. Les préparatifs du Mondial 2030 ne se limitent pas à la construction et à la rénovation des stades. Ils comportent également un important volet fiscal et financier, dont Fouzi Lekjaa a présenté plusieurs éléments devant la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants, mardi 3 novembre, dans le cadre de la poursuite de l’examen détaillé du projet de loi de finances 2027. Le ministre est notamment revenu sur une question qui avait suscité des discussions lors de la dernière Coupe du monde : la fiscalité applicable aux primes financières versées aux sélections nationales. Selon ses explications, les États-Unis souhaitaient soumettre ces montants à l’impôt lors du Mondial 2026. La prime de 20 millions de dollars obtenue par la sélection marocaine aurait ainsi été concernée par cette mesure. Des discussions entre la FIFA et le pays organisateur ont finalement permis de maintenir le régime d’exonération appliqué lors des précédentes éditions de la compétition. Le Maroc a donc échappé à une taxation de cette prime, a indiqué Lekjaa devant les parlementaires. Des exonérations fiscales limitées à la durée du Mondial Abordant les dispositions fiscales prévues pour l’organisation de la Coupe du monde 2030, le responsable gouvernemental a expliqué que les avantages accordés concernent plusieurs impôts et taxes : l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur le revenu, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ainsi que les droits d’enregistrement. Ces exonérations tiennent notamment au statut de la FIFA, présentée comme une association à but non lucratif. Selon Lekjaa, l’instance internationale ne vient pas s’installer dans le pays hôte pour y créer des entreprises ou développer des activités commerciales, mais pour organiser une manifestation sportive internationale en mobilisant des moyens techniques, humains et logistiques. Le dispositif vise également à éviter les situations de double imposition. Plusieurs intervenants mobilisés pour la compétition perçoivent leurs rémunérations et indemnités dans leurs pays d’origine. De même, des équipements et du matériel sont acheminés temporairement dans les pays organisateurs pour être utilisés pendant le tournoi. Le ministre a toutefois insisté sur le caractère strictement encadré de ces avantages. Les exonérations sont limitées dans le temps et dans l’espace et concernent exclusivement les activités liées à l’organisation de la Coupe du monde. Elles prennent fin avec la manifestation, après quoi le régime fiscal ordinaire retrouve son application. © Mounir Mehimdate Un Fonds d’héritage de 100 millions de dollars Fouzi Lekjaa a également apporté des précisions sur le mécanisme du « Fonds d’héritage » (Fonds d’héritage), à travers lequel la FIFA prévoit de consacrer environ 100 millions de dollars au pays organisateur. Cette enveloppe bénéficie, selon les explications du ministre, d’une exonération fiscale afin de permettre à l’État de mobiliser ces ressources au profit du développement du football. Les fonds doivent notamment contribuer à la modernisation des infrastructures sportives, à la mise à niveau des stades et au soutien des jeunes ainsi que du sport national. Le mécanisme permet ainsi de consacrer une partie des retombées de la compétition au développement durable de l’écosystème sportif du pays hôte. Pour Lekjaa, l’organisation du Mondial constitue un accélérateur de développement qui concerne plusieurs secteurs, et non uniquement le football. Les investissements engagés dans le cadre de cet événement doivent accompagner les projets de transport, les infrastructures, les services publics et les capacités d’accueil du Royaume. Six stades au Maroc, 172 sites concernés par le cahier des charges Le ministre a par ailleurs rappelé la configuration particulière de l’édition 2030. La compétition sera principalement organisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, tandis que l’Uruguay, l’Argentine et le Paraguay accueilleront des rencontres commémoratives à l’occasion du centenaire de la Coupe du monde. Les premières répartitions actuellement retenues prévoient six stades au Maroc, onze en Espagne et trois au Portugal. Lekjaa a précisé que les besoins de la compétition dépassent toutefois les seules enceintes destinées à accueillir les matchs. Avec 48 sélections participantes, il faudra également prévoir des infrastructures d’entraînement et des lieux d’hébergement adaptés à chaque équipe. Le cahier des charges comprend ainsi plus de 172 sites, regroupant les villes hôtes et les installations destinées aux préparatifs des sélections. Au Maroc, les stades seront répartis entre Agadir, Marrakech, Casablanca, Rabat, Tanger et Fès. D’autres villes, dont Benslimane et El Jadida, pourront accueillir des équipes pour leurs séances d’entraînement. Cette organisation doit permettre d’étendre les retombées de la compétition à plusieurs territoires, y compris ceux qui ne recevront pas de rencontres officielles. © Mounir Mehimdate Transport, aéroports et capacités hôtelières : les autres chantiers Sur le volet des infrastructures, Lekjaa a souligné que les préparatifs du Mondial doivent s’inscrire dans la continuité du programme de développement national. Il a notamment évoqué le déploiement de lignes de trains régionaux express (RER) sur plusieurs axes : Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra, Marrakech-Safi et Tanger-Tétouan. Le développement des infrastructures aéroportuaires figure également parmi les priorités, afin de répondre à l’augmentation attendue des flux de visiteurs et de supporters. Le programme prévoit aussi la rénovation des anciens stades nationaux selon les normes internationales et la construction du Grand Stade de Casablanca à Benslimane, que le ministre a présenté comme l’une des infrastructures majeures attendues dans le cadre du tournoi. Les exigences concernent également les télécommunications et le secteur de la santé. Lekjaa a notamment évoqué la nécessité de disposer de centres hospitaliers universitaires (CHU) dans chaque région, en plus du renforcement des capacités d’hébergement touristique. Sur ce dernier point, le cahier des charges impose, selon les chiffres avancés par le ministre, la disponibilité d’au moins 72.000 chambres d’hôtel et de 122 établissements hôteliers. Les dispositifs de sécurité et l’aménagement de zones dédiées aux supporters, les « Fan zones », font également partie des conditions à satisfaire. À travers ces différents chantiers, le gouvernement entend inscrire l’organisation du Mondial 2030 dans un programme d’investissements dépassant le cadre de l’événement sportif. Les infrastructures de transport, les équipements sanitaires, les capacités touristiques et les installations sportives sont appelés à répondre aux besoins de la compétition, mais aussi à accompagner les ambitions de développement du Royaume à plus long terme. The post CdM 2030 : les précisions de Fouzi Lekjaa sur les avantages fiscaux appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc .
Les États-Unis avaient souhaité soumettre à l’impôt les primes versées aux sélections participant au Mondial 2026, dont





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