Le samedi 24 octobre 2026, Dakar s’est réveillée sous un épais voile de poussière, réduisant la visibilité et compliquant les déplacements. Vendeuses, clients et habitants tentent de poursuivre leurs activités malgré un air chargé de particules. Le décor habituel du quartier s’efface sous un voile jaunâtre qui enveloppe les ruelles, s’infiltre dans les concessions et s’invite jusque dans les conversations. Aux Hlm Grand Yoff, le sol déjà sablonneux semble se confondre avec un ciel lourd et opaque. Les déplacements deviennent plus pénibles, mais les activités matinales se poursuivent tant bien que mal. Il est 9 h 45. Devant sa maison, Paul Gomis est assis près de la porte, vêtu d’une chemise blanche et coiffé d’une casquette noire. Le regard fixé sur cet environnement transformé par le sable, il finit par rompre le silence. « Cette poussière est arrivée d’un coup. Il faut vraiment que les gens mettent des masques pour se protéger. C’est dangereux de la braver sans protection », alerte-t-il. Dans cette partie de la commune de Grand Yoff, le marché continue de s’animer malgré l’air difficile à respirer. Devant ses tas de poissons survolés par les mouches, Fatou Saër Fall s’active, couteau en main. Une bassine au sol, elle nettoie régulièrement son matériel à l’aide d’un foulard noir posé sur ses genoux. Autour de son étal, les clientes hésitent, observent et négocient. « Quand la poussière arrive, la mer se bloque. Les pêcheurs ne sortent plus et le poisson devient rare », explique-t-elle. Pour cette vendeuse, le phénomène rime avec baisse d’activité et inquiétudes sur la salubrité de ses produits. Un panier à la main, une cliente partage ses craintes : « Respirer tout ça, c’est le meilleur moyen d’attraper une maladie ». Les deux femmes reprennent pourtant rapidement leur marchandage. Sur l’étal voisin, Fama Guèye préfère s’en remettre à la providence. « Nous l’avons tous constaté, mais nous n’y pouvons rien, à part faire avec », lâche-t-elle. Taquinant sa voisine, elle lance : « Dis donc, Fatou Saër, tu réponds sans savoir à qui tu as affaire ? Est-ce qu’il t’a au moins montré sa carte de journaliste ? » Non loin de là, Aïssatou Touré vend des condiments, du poisson fumé et des produits détergents en bordure d’une voie sablonneuse très fréquentée. Dans un rire spontané, elle exprime son sentiment d’impuissance : « C’est la volonté divine, mais il est dur de respirer. Entre étouffement et poussière avalée, nous aimerions tous voir Dakar plus accueillante ce matin. Malheureusement, nous n’avons pas le choix ». À proximité, quelques hommes discutent tranquillement devant une concession. L’un d’eux, le téléphone collé à l’oreille, écourte sa conversation : « Il y a beaucoup de poussière, Boy. Je te rappelle après ». Non loin de là, une habitante nettoie le pas de sa porte en retirant le sable accumulé depuis la nuit. Mais, à chaque coup de balai, la poussière se soulève davantage. Dans les ruelles, le quotidien se poursuit entre efforts, inquiétudes et résignation. Ce samedi, à Dakar, la poussière impose son rythme. Ameth NIASS (stagiaire)
Le samedi 24 octobre 2026, Dakar s’est réveillée sous un épais voile de poussière, réduisant la visibilité et compliquan




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