Après 26 ans de mission auprès des hommes et des djinns, en tant que Mahdi Mountazar (Bien-Guidé), à la suite de son Appel lancé le 1er Chaa’ban 1301 H (25 mai 1884), Seydina Limamou Laye s’éteignit à l’âge de 66 ans, le 29 octobre 1909, correspondant au 14 Chawwal 1327 de l’hégire. La date du 29 octobre du calendrier grégorien constitue un marqueur pour la communauté layène, car elle coïncide avec le rappel à Dieu de Seydina Limamou Laye. C’était peu avant l’aube du vendredi 14 Chawwal 1327 de l’hégire que le Saint Maître rendit son dernier souffle, après avoir prononcé la formule d’unicité et de foi : « J’atteste qu’il n’y a de Dieu qu’Allah, qu’Il n’a point d’associé, et j’atteste que Mohammed est Son serviteur et Son Envoyé », rapporte Cheikh Makhtar Lô. Ce dernier, dans son livre Busrâ al-Muhhibîn wa Tayqîz al-Jâhilîn, ou « Joie des amis et réveil des égarés », retrace les derniers instants de la vie de Seydina Limamou Laye. Selon lui, vers le milieu de la nuit, le guide ordonna à ses épouses d’aller se coucher. Peu de personnes parmi les femmes restèrent avec lui. Au fil de la nuit, suivant l’évolution de la pleine lune dans le ciel, Seydina Limamou ne cessa de demander : « À quel moment de la nuit sommes-nous ? », s’interrogeant incessamment. À chaque fois, il enleva les vêtements qu’il portait et dit : « Donnez-les en aumône à telle personne. » Il en porta d’autres et se recoucha. Il répéta ce geste jusqu’à ce que la trajectoire de la lune se situe entre le zénith et l’horizon, moment où son âme quitta son corps. En amont de cette fatidique échéance, Seydina Limamou Laye était resté alité pendant 13 jours. Les prémices remontaient au milieu du mois de Ramadan de la même année. Selon Cheikh Makhtar Lô, il savait que la fin était proche, car, au milieu du mois de jeûne, il leur ordonna d’écrire des lettres à destination de toutes les parties du pays pour demander à ses fidèles de venir assister à la fête de Korité. Le jour de l’Aïd, Seydina laissait entendre : « Si vous ne vous dépêchez pas, je ne pourrai pas me rendre au lieu de la prière, car je suis presque un mort », avant d’ajouter : « Si l’on disait qu’un mort peut diriger une prière, cela paraîtrait étonnant. Je le jure par Dieu, je suis un mort. » À l’approche de son rappel à Dieu, Seydina Limamou ne cessa de réaffirmer sa mission prophétique, lancée à l’âge de 40 ans. Il se disait être la réincarnation du prophète Mohammed (PSL), dans sa célèbre expression wolof : « Mana Demb, mana Tay », c’est-à-dire : « Ce fut moi hier, ce fut moi aujourd’hui. » Loin de toute dichotomie, il rappelait que le Mahdi n’était personne d’autre que le prophète lui-même. Dans un hadith, le prophète disait que le Mahdi suivrait ses traces et ne s’en dévierait pas. Partant de cette affirmation, Cheikh Makhtar Lô s’interroge : qui peut suivre les traces du prophète sans en dévier, si ce n’est le prophète lui-même ? D’ailleurs, Seydina Limamou Laye aimait dire : « Si vous voyez en moi un comportement ou des actes qui s’écartent de ceux de Mohammed, sachez que je ne suis pas le vrai Mahdi. » Au-delà du fait qu’il était illettré, Seydina Limamou Laye lança son Appel à l’âge de 40 ans, resta alité pendant 13 jours avant son rappel à Dieu et attendit 3 jours avant d’être enterré. À l’occasion de son rappel à Dieu, son fils aîné et successeur confirmateur, Seydina Issa Rohou Lahi, était en exil à Ngakham depuis 1906. Son retour n’eut lieu que le dimanche 31 octobre 1909, à la gare de Yarakh (Hann). Ce n’est que le lendemain, lundi 1er novembre, qu’il présida la première prière mortuaire de son père, tel que prédit par les textes sacrés : le Messie officiera la première prière mortuaire du Mahdi et régnera pendant 40 ans à la tête de la Oummah. Mohamed DIENE
», s’interrogeant incessamment. À chaque fois, il enleva les vêtements qu’il portait et dit : « Donnez-les en aumône à t




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