A l’approche du vote sur le renouvellement du mandat de la Mission onusienne pour le Sahara (MINURSO), les Etats-Unis ont proposé des ajustements qui devraient sortir la situation du statut quo. Les nouvelles modalités devraient introduire un mandat mieux adapté aux réalités politiques et diplomatiques actuelles du dossier. Les Etats-Unis, pen-holder du projet de résolution, prévoient une évolution des missions de la MINURSO, avec un accent accru sur l’accompagnement du processus politique et le soutien aux négociations, plutôt que sur la préparation d’un référendum qui n’est plus d’actualité depuis au moins deux décennies. Le projet de résolution prévoit également, le maintient la proposition marocaine d’autonomie comme base des discussions, tout en réaffirmant le principe de l’autodétermination. Dans une version amendée distribuée lundi 26 octobre, les dates changent, et le mandat de la mission devrait être prolongé jusqu’au 31 octobre 2027, contre avril prochain dans la première version. La décision sur son avenir devrait être reportée jusqu’à la présentation des propositions du secrétaire général de l’ONU prévues pour le 30 janvier comme date butoir. La nouvelle version assouplit le calendrier de restructuration de la MINURSO initialement proposé, mais conserve l’orientation politique générale du projet américain. Ainsi, le nouveau texte supprime l’échéance imposant la fin de la mission de maintien de la paix au 30 avril et sa transformation automatique en mission politique dès le mois de mai suivant, supprime la réduction de la composante militaire de la mission d’au moins 50 % avant le 31 janvier 2027, tout en conservant la proposition marocaine d’autonomie comme base des négociations. Le projet de résolution maintient aussi la volonté de réexaminer la nature du mandat de la MINURSO à l’avenir en procédant à la redéfinition de ses missions. La version avancée propose de la rebaptiser « Mission politique des Nations unies pour le Sahara occidental » et de limiter son rôle au soutien du processus politique et aux mesures de confiance, sans participation à l’organisation d’un référendum. Ce changement d’appellation devrait être la formalisation institutionnelle d’une évolution diplomatique engagée depuis plusieurs années qui avait conclu à l’impossibilité d’organiser un référendum. Il devrait permettre de sortir le dossier d’une situation de statut quo maintenu par le polisario et l’Algérie, qui continuaient, malgré l’abandon de l’option référendaire par l’ONU, à demander son application conformément au nom de la mission en 1991. Avec cette nouvelle appellation contenue dans le projet américain, la proposition marocaine d’autonomie comme base des négociations est désormais centrale, en conformité avec l’évolution du processus diplomatique ayant misé sur une solution politique négociée. Le document propose également de revoir le dossier des réfugiés de Tindouf en Algérie sans reprendre le délai initialement prévu de six mois. Le projet maintient la demande d’enregistrement des réfugiés par le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), ainsi que la recherche de solutions durables, notamment le retour volontaire dans des conditions sûres et dignes. Selon l’agence de presse italienne Agenzia Nova qui révèle les contours de ces changements, la place du principe d’autodétermination est mieux mise en valeur dans la seconde version proposée, le texte soumet également la proposition de créer un nouveau mécanisme consultatif pour recueillir les avis des populations sahraouies sur la proposition d’autonomie. Il s’agit de mener des consultations avec plusieurs interlocuteurs sahraouis, de représentants vivant à l’intérieur du Sahara, au sein de la diaspora et dans les camps de réfugiés, pour prendre en compte différentes opinions. Le secrétaire général des Nations unies est invité à présenter dans un délai de six mois, différentes options pour installer ce mécanisme de consultations. Ce dernier ne se substituerait pas au référendum et servirait simplement à recueillir les avis sur l’autonomie, sans prévoir de scrutin. Enfin, la version avancée souligne un encouragement dans le développement économique et social au Sahara, et mentionne la possibilité de créer un fonds spécial pour le développement et le renforcement de la coopération et l’intégration régionales. Les grandes nouveautés dans la version amendée résident surtout dans le temps accordé pour la mise en place des ajustements. La dernière version n’impose plus de délais courts mais donne une marge de manœuvre plus large. Les ajustements introduits par Washington devraient ouvrir la voie à une reconfiguration structurelle de la MINURSO, susceptible de mettre son mandat et ses mécanismes d’intervention en adéquation avec les réalités politiques et diplomatiques actuelles, et de les adapter aux demandes formulées par les parties et les observateurs depuis plusieurs années. The post Sahara : des ajustements américains ouvrent la voie à une reconfiguration structurelle de la MINURSO appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc .
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