Douceur Cette rencontre, où deux univers singuliers dialoguent autour d’une même notion, à savoir la douceur, marque la rentrée culturelle et artistique de l’Institut français, initiateur de cet événement. Les deux artistes peintres Safaa Erruas et Ghislaine Portalis exposent leurs œuvres, du 30 octobre au 30 novembre, à la Galerie Delacroix à Tanger. Intitulée «Accords et dissonances, elles s’exposent», cette nouvelle exposition marque la rentrée culturelle et artistique de l’Institut français, initiateur de cet événement. A travers cette rencontre, deux univers singuliers dialoguent autour d’une même notion : la douceur. Entre attraction et trouble, cette qualité apparente devient chez ces artistes un terrain de tension, oscillant entre fragilité et désastre, entre présence et perte. Pour l’une, c’est par la douceur et la virginité que se conquiert un monde d’altérité qui risque à tout moment de nous échapper. Elle s’inscrit dans la tentative d’une expérience limite. Pour l’autre, la douceur est un leurre, le germe obligé d’une certaine cruauté. Elle s’inscrit dans une réflexion sur le langage et l’image. Après une longue exploration des rapports entre l’intime et le social, le corps et l’espace comme lieux où se négocient les tensions individuelles et collectives, Safaa Erruas insiste désormais, depuis l’expérience du confinement, sur l’importance de la notion de voyage, au sens le plus large du terme, en tant que déplacement, à la fois mental et physique, dans des œuvres sans cesse en reconstruction. Territoire cartographique, l’œuvre serait une image de ce monde qui identifie l’être humain par son rapport à des espaces géographiques que sa naissance, puis tout son parcours individuel lui assigne. Cette étendue de la surface terrestre, choisie ou imposée, sur laquelle vivent des corps humains, opère des déplacements mentaux. Il s’agit désormais pour l’artiste de penser une totalité homme-femme, non plus genrée, mais privée d’une liberté impérativement humaine et nécessaire par-delà sa traduction cartographique. Chez Ghislaine Portalis, la notion de genre est plus manifeste. La douceur comme expérience inquiétante où tout repère vacille. La douceur au cœur même de ce qui détruit. La douceur, à la Maurice Blanchot, qui accompagne une sorte de perte irréversible. La douceur qui place au cœur de toutes ses œuvres, une histoire, un scénario, un récit de la cruauté. Invisible mais troublante. Poétique mais incertaine.
Douceur Cette rencontre, où deux univers singuliers dialoguent autour d’une même notion, à savoir la douceur, marque la



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