Après plusieurs décès et des cas suspects de diphtérie signalés au Maroc, des médecins appellent les familles à vérifier les carnets de santé de leurs enfants et à rattraper les doses de rappel manquantes. Les spécialistes pointent notamment les retards de vaccination après la pandémie de Covid-19 et rappellent que la protection ne s’arrête pas à la petite enfance. La diphtérie, également appelée diphthérie ou croup, revient au centre des préoccupations sanitaires au Maroc. Après plusieurs décennies durant lesquelles la maladie était devenue rare grâce aux programmes de vaccination, de nouveaux décès et des cas suspects ont été signalés ces derniers jours, notamment à Salé et à Larache. Selon les informations rapportées par Hespress jeudi 29 octobre, deux décès avaient été enregistrés à Salé, suivis du cas d’un enfant hospitalisé en réanimation à l’hôpital provincial Lalla Meriem de Larache. Face à cette situation, les médecins mettent en garde contre la propagation de cette infection bactérienne, transmissible notamment par les gouttelettes respiratoires. Les premiers symptômes peuvent ressembler à ceux d’un rhume ou d’une angine, avec de la fièvre et des douleurs à la gorge. Dans les formes graves, la maladie peut entraîner un gonflement et la formation de membranes dans la gorge, susceptibles de gêner fortement la respiration. Les doses de rappel au cœur des préoccupations Pour le pédiatre Moulay Saïd Afif, membre du comité scientifique de la vaccination, la principale priorité consiste à s’assurer que les enfants ont reçu l’ensemble des doses recommandées. Il souligne que les symptômes initiaux peuvent être confondus avec ceux des infections respiratoires saisonnières, ce qui complique le diagnostic précoce. La gravité de la diphtérie tient notamment aux toxines produites par la bactérie, qui peuvent atteindre des organes vitaux comme le cœur et les reins. Le médecin rappelle que le Maroc n’avait enregistré aucun cas pendant plus de trente ans, une situation qu’il attribue aux efforts de vaccination. Il insiste sur la nécessité de ne pas négliger les doses de rappel prévues après les premières injections. Selon le calendrier vaccinal évoqué par le spécialiste, les premières doses sont administrées aux deuxième, troisième et quatrième mois de vie. Des rappels sont ensuite prévus à 18 mois et à 5 ans. Les échéances autour de 10 et 15 ans sont également présentées comme essentielles pour maintenir la protection. D’après Moulay Saïd Afif, les personnes décédées récemment n’étaient pas vaccinées ou n’avaient pas reçu toutes les doses de rappel, notamment parmi les enfants et adolescents âgés de 10 à 15 ans. Il appelle les parents à vérifier rapidement les carnets de santé de leurs enfants et à consulter un pédiatre ou un centre de santé en cas de doute. Les professionnels de santé pourront déterminer les doses manquantes et les modalités de rattrapage. Une responsabilité partagée entre les familles et les autorités Le médecin et chercheur en politiques de santé Tayeb Hamdi estime que la diphtérie ne représente pas seulement un risque individuel, mais également une menace pour la collectivité. La prévention nécessite, selon lui, une mobilisation conjointe des familles et des institutions publiques. Il rappelle que les taux de vaccination atteignant auparavant 95 à 96 % permettaient de limiter fortement la circulation de maladies comme la diphtérie et la rougeole. Le recul de la couverture vaccinale peut favoriser leur réapparition et entraîner de nouvelles complications. Le spécialiste souligne que les familles respectent généralement les premières étapes du calendrier vaccinal, mais oublient parfois les rappels administrés à l’âge de 5 ou 6 ans, puis autour de 11 ou 12 ans. Il rappelle également que la vaccination concerne les adultes, avec des rappels à prévoir selon l’âge et les recommandations médicales. En cas de doses oubliées, un rattrapage reste possible. Les parents sont invités à consulter un professionnel de santé, même si le carnet de vaccination a été perdu, afin que la situation vaccinale de l’enfant puisse être évaluée. Les médecins appellent à renforcer la couverture vaccinale Pour Tayeb Hamdi, l’objectif est de parvenir à une couverture vaccinale d’environ 95 % à l’échelle de la population afin de limiter durablement la circulation de la maladie. L’isolement des personnes infectées et le suivi de leurs contacts restent importants, mais ne remplacent pas une stratégie de vaccination suffisamment large. Le médecin appelle ainsi les autorités à renforcer les campagnes de sensibilisation et à faciliter l’accès aux vaccins dans toutes les régions du Royaume, sans limiter les efforts aux zones où des cas ont été signalés. Les spécialistes mettent notamment en cause les retards accumulés pendant la pandémie de Covid-19, ainsi qu’un relâchement de la vigilance lié à l’idée que certaines maladies avaient définitivement disparu. Leur message est clair : face à la réapparition de la diphtérie, la vérification des carnets de santé et le rattrapage des doses manquantes constituent des priorités pour protéger les enfants et réduire les risques de propagation. The post Diphtérie au Maroc : les médecins alertent sur les doses de rappel oubliées appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc .
Après plusieurs décès et des cas suspects de diphtérie signalés au Maroc, des médecins appellent les familles à vérifier





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