Le débat autour du projet de loi de finances (PLF) 2027 a été l’occasion, vendredi, de mettre en lumière les difficultés quotidiennes des populations des régions montagneuses. Devant la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants, Abdelaziz Oussama Barik, député du Parti de l’unité et de la démocratie (PUD), a dénoncé les insuffisances des politiques publiques en matière de justice territoriale, d’adaptation climatique et d’accès aux services essentiels. Pour l’élu, la question du pouvoir d’achat ne peut se limiter à l’évolution des prix des produits alimentaires, notamment les oignons et les tomates. Dans les territoires montagneux, la hausse du coût du bois de chauffage constitue également une préoccupation majeure. Le prix du quintal atteint désormais 200 dirhams, alors que la saison hivernale n’a pas encore commencé. Une situation susceptible de s’aggraver avec la baisse des températures, a-t-il averti. Le parlementaire a appelé à intégrer ces contraintes dans les politiques publiques, à l’instar des mesures prises pour limiter la spéculation sur les produits alimentaires et en faciliter l’accès aux consommateurs. Il s’est également interrogé sur l’absence de dimension climatique dans le programme gouvernemental, estimant que les territoires soumis à des conditions naturelles difficiles nécessitent des dispositifs spécifiques. Au-delà de la question climatique, Oussama Barik a pointé les disparités territoriales dans la répartition des investissements et l’accès aux infrastructures. Il a notamment reproché au projet de loi de finances de privilégier les aspects fiscaux sans apporter de réponses suffisantes à la question de l’équité entre les régions. Selon lui, l’application des mêmes obligations fiscales à des citoyens qui ne bénéficient pas du même niveau d’équipement et de services publics pose un problème de justice. Dans certaines zones, l’état dégradé des routes, l’absence d’autoroutes et le déficit d’infrastructures obligent les habitants à supporter des dépenses supplémentaires, notamment pour réparer leurs véhicules endommagés par les nids-de-poule et les routes détériorées. Le député a plaidé pour des mesures tenant compte de ces contraintes et conformes aux objectifs de la régionalisation avancée. L’élu a également soulevé les difficultés rencontrées par les jeunes ayant opté pour le statut d’auto-entrepreneur, encouragés par les orientations gouvernementales en faveur de l’initiative individuelle. Certains se retrouvent aujourd’hui redevables d’obligations fiscales alors qu’ils n’ont jamais exercé d’activité génératrice de revenus. Cette situation peut même les empêcher d’accéder à certains services administratifs et sociaux, notamment l’inscription à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et à la couverture médicale, en raison des sommes qu’ils doivent régler. Oussama Barik a ainsi demandé un réexamen de leur situation et des dettes accumulées dans le cadre de ce dispositif, afin de tenir compte de l’absence de revenus effectifs chez une partie des jeunes concernés. Les insuffisances de l’offre sanitaire ont constitué un autre volet de son intervention. Déplorant le manque d’infrastructures médicales dans les territoires concernés, le député a résumé la situation par une formule sans détour : « Nous n’avons pas d’hôpitaux, nous avons des stations d’ambulances ». Il faisait ainsi référence à des centres de santé qui, faute de moyens et de structures adaptées, se limiteraient à orienter les patients vers d’autres établissements, sans leur fournir les soins nécessaires sur place. Certains malades doivent notamment financer leur déplacement jusqu’à Errachidia pour accéder à des soins. Une charge supplémentaire que le parlementaire juge difficilement justifiable dans des territoires où les structures hospitalières de proximité font défaut. Il a appelé à renforcer l’offre de soins et à rapprocher les infrastructures sanitaires des populations. La valorisation des productions locales a également été au cœur de son intervention. Prenant l’exemple de la filière des pommes, le député de la circonscription de Midelt a relevé un écart important entre les prix pratiqués dans les zones de production et ceux observés dans les grandes villes. Selon les chiffres qu’il a avancés, le kilogramme de pommes est vendu autour de 5 dirhams dans certaines régions productrices, contre 15 à 20 dirhams à Rabat et Casablanca. Pour l’élu, cette différence témoigne des difficultés persistantes de commercialisation et des limites des circuits de distribution. Il a appelé à mieux intégrer les producteurs locaux dans les chaînes de valeur afin qu’ils puissent tirer davantage profit de leurs récoltes, au lieu de voir se creuser l’écart entre les prix à la production et ceux payés par les consommateurs. Enfin, le député a dénoncé des irrégularités présumées dans la réalisation de certains projets routiers. Il a notamment cité le cas d’une route de huit kilomètres, pour laquelle une enveloppe de 3,5 milliards de centimes, soit 35 millions de dirhams, aurait été mobilisée. Un montant dont l’importance ne se refléterait pas, selon lui, dans la qualité des travaux exécutés. Oussama Barik a rapporté les plaintes des habitants concernant les conditions de réalisation du chantier, affirmant que l’entrepreneur accueillerait leurs contestations « avec mépris ». Il a appelé à renforcer les contrôles et à faire prévaloir le principe de reddition des comptes pour garantir la conformité des travaux aux normes requises et prévenir le gaspillage ainsi que la mauvaise gestion des deniers publics. The post PLF 2027 : Barik pointe les disparités fiscales et le déficit d'infrastructures dans les montagnes appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc .
Le débat autour du projet de loi de finances (PLF) 2027 a été l’occasion, vendredi, de mettre en lumière les diffi





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