Le groupe parlementaire du Parti authenticité et modernité (PAM) a salué les orientations du projet de loi de finances (PLF) pour 2027, estimant que celui-ci affiche des priorités claires malgré le délai restreint dont a disposé le nouveau gouvernement pour y imprimer sa marque politique, économique et sociale, en raison de l’échéance légale de son dépôt devant le Parlement. Lors de la réunion de la commission des finances et du développement économique de la Chambre des représentants, mercredi, le groupe a souligné que le texte avait été élaboré dans un environnement international marqué par la persistance des tensions géopolitiques, l’absence de perspectives claires d’apaisement à court terme, la volatilité des prix de l’énergie et des matières premières, ainsi que les incertitudes entourant l’évolution de l’économie mondiale. © Mounir Mehimdate Pour le PAM, les hypothèses retenues pour bâtir le budget de 2027 sont « raisonnables et réalistes ». Elles témoigneraient d’une « maîtrise de la gestion des finances publiques, ainsi que d’une capacité à anticiper les mutations économiques et à appréhender les risques potentiels ». © Mounir Mehimdate Le groupe met notamment en avant une prévision de croissance de 3,7 %, contre 4,7 % attendus en 2026, ainsi qu’une récolte céréalière estimée à 70 millions de quintaux. Les projections reposent également sur un prix du gaz butane de 600 dollars la tonne et une inflation contenue à 1,5 %. Ces paramètres traduiraient, selon le groupe parlementaire, la volonté d’établir des prévisions budgétaires fondées sur des hypothèses mesurées, sans optimisme excessif ni prudence démesurée. Le chômage des jeunes, un défi persistant Pour Hicham Sabiry, président du groupe du PAM à la Chambre des représentants, la pertinence de ces choix budgétaires doit être appréciée à l’aune de la situation de l’emploi. Les résultats de la nouvelle enquête sur la population active pour 2026 font état d’un recul du taux de chômage national, passé de 10,8 % au premier trimestre à 9,5 % au deuxième. Mais cette amélioration ne concerne pas de la même manière toutes les catégories de la population : le chômage atteint encore 27,2 % chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans. Environ trois millions de jeunes femmes et hommes restent, par ailleurs, en dehors des systèmes d’éducation, de formation et d’emploi. © Mounir Mehimdate Sur le volet social, Sabiry a salué les mesures du PLF 2027, qu’il considère comme la traduction financière concrète des engagements inscrits dans le programme gouvernemental. Le projet prévoit ainsi une enveloppe de 44,2 milliards de dirhams pour la généralisation de la protection sociale, soit une hausse de 12 % par rapport à 2026. Sur ce montant, 32,7 milliards de dirhams seront consacrés aux aides sociales directes. Le montant minimal de ces aides doit passer de 500 à 600 dirhams par mois dès 2027, avec l’objectif d’atteindre 1.000 dirhams à la fin du mandat gouvernemental. Le responsable parlementaire a également défendu le rôle de l’État dans le financement des services essentiels, prenant ses distances avec les conceptions antérieures selon lesquelles « l’État doit se retirer des secteurs de l’éducation et de la santé ». Évoquant une position attribuée à un ancien chef du gouvernement, il s’est interrogé sur la possibilité pour les pouvoirs publics de se désengager de droits aussi fondamentaux que l’accès à l’éducation et aux soins. « Cette théorie n’existe même pas dans le libéralisme sauvage », a-t-il affirmé. L’école publique au cœur des priorités La place du secteur privé dans l’éducation a également été au centre de son intervention. Hicham Sabiry a estimé que celui-ci avait pris une place prépondérante dans le système éducatif, alors que la législation prévoit qu’il complète l’enseignement public, notamment en investissant dans les territoires où l’investissement public fait défaut. © Mounir Mehimdate « L’école que nous voulons est une école publique, équitable et de qualité, où les conditions sociales des familles ne déterminent pas l’avenir de leurs enfants et où la réussite n’est pas un privilège réservé à ceux qui en ont les moyens, mais un droit garanti par l’État », a-t-il déclaré. Le PLF 2027 prévoit de consacrer 21,3 milliards de dirhams au système national de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la formation, soit une augmentation de 4,6 % par rapport à 2026. Il prévoit également la création de 15.934 postes budgétaires, la construction de 204 nouveaux établissements scolaires et l’ouverture de 2.000 classes d’enseignement préscolaire. Le dispositif comprend aussi l’extension du modèle des « écoles pionniers », ainsi que le renforcement du transport scolaire et de la restauration, particulièrement dans les zones rurales. © Mounir Mehimdate 45,4 milliards de dirhams pour la santé et la protection sociale Dans le secteur de la santé, le groupe parlementaire du PAM a souligné l’importance des crédits prévus pour 2027. Le budget consacré à la santé et à la protection sociale doit atteindre 45,4 milliards de dirhams, en hausse de 7 % sur un an. Le projet prévoit la création de 8.000 postes, la poursuite de la mise à niveau de 1.600 centres de soins de santé primaires, ainsi que la construction et l’équipement de centres hospitaliers universitaires, régionaux et provinciaux. La rénovation de 90 hôpitaux dans les différentes régions du Royaume figure également parmi les mesures annoncées. Enfin, le groupe a mis en avant la révision de l’impôt sur le revenu prévue dans le cadre du PLF 2027, présentée comme un moyen d’alléger la pression fiscale pesant sur les salariés. La réforme prévoit notamment de relever progressivement le seuil annuel de revenu exonéré d’impôt, de 40 000 à 60 000 dirhams à l’horizon 2031. Selon les estimations avancées, cette mesure devrait concerner 87,1 % des salariés au Maroc. The post PLF 2027 : Le PAM soutient l’investissement public dans l’éducation et la santé appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc .
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