Après plusieurs années d’attente, le Maroc s’apprête à franchir une nouvelle étape dans l’encadrement des cryptoactifs. Le gouvernement prévoit d’adopter un cadre juridique dédié, à travers le projet de loi n° 42.25, dont la première version a été élaborée à la fin du mois d’octobre 2025. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à diversifier les sources de financement de l’économie nationale et à faciliter l’accès des entreprises aux capitaux. La note de présentation du projet de loi de finances (PLF) pour 2027 inscrit cette réforme parmi les « priorités et projets prévus pour 2027, visant à approfondir et à diversifier les mécanismes de financement de l’économie nationale ». L’ambition affichée dépasse toutefois le seul développement de nouveaux instruments financiers. Les mesures programmées doivent également favoriser l’accès des entreprises au financement, accompagner la transition vers une finance durable et consolider la stabilité ainsi que la résilience du système financier. Élargir l’accès au crédit et soutenir les TPME Le premier levier retenu par le gouvernement consiste à élargir l’accès au crédit, en ciblant notamment les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), ainsi que les catégories de la population qui restent éloignées des services financiers. Cette orientation doit se traduire par le déploiement de la deuxième phase de la Stratégie nationale d’inclusion financière et par la mise en œuvre de la feuille de route de la Coalition marocaine pour l’inclusion financière des femmes. L’Exécutif entend également poursuivre le renforcement des mécanismes de garantie et de cofinancement, avec un objectif de création de 45 000 emplois bruts par an. Les premiers résultats de 2026 font état de 11,6 milliards de dirhams de crédits mobilisés au cours du premier trimestre, répartis sur 12 035 opérations garanties. Sur la même période, 900 opérations de cofinancement ont été réalisées par l’intermédiaire du Fonds « Tamwil », pour un montant total de 29,9 millions de dirhams. Le marché des capitaux tourné vers l’économie verte Au-delà du crédit bancaire, le gouvernement souhaite renforcer le rôle du marché des capitaux dans le financement de l’investissement. La modernisation de ce marché et son orientation accrue vers l’économie verte figurent parmi les axes prioritaires de cette politique. Deux mesures sont notamment prévues à savoir la publication de la taxonomie verte du Maroc, considérée comme une étape centrale de la stratégie de développement de la finance climatique à l’horizon 2030, et l’adoption du cadre juridique relatif aux cryptoactifs, au moyen du projet de loi n° 42.25. La stratégie de développement de la technologie financière, ou fintech, doit également se poursuivre. Elle prévoit notamment la création du Centre marocain de la technologie financière, ainsi que l’approfondissement du cadre réglementaire régissant la titrisation et le capital-investissement. Le gouvernement envisage, en parallèle, le lancement d’un compartiment dédié aux « Sukuk » sur le marché intérieur. Autre chantier annoncé : l’adoption du décret d’application de la loi n° 58.22 relative aux organismes de placement collectif en capital (OPCC). Ce texte doit notamment permettre l’entrée en fonctionnement des OPCC soumis à des règles de gestion simplifiées et encadrer l’octroi de prêts par ces organismes. L’objectif est de diversifier les sources de financement des entreprises et de renforcer leur accès aux capitaux, notamment par le biais de l’autofinancement. Un cadre prudentiel à consolider La diversification des instruments de financement s’accompagne d’un chantier réglementaire destiné à préserver la stabilité et l’intégrité du système financier. La note de présentation du PLF 2027 annonce, à cet égard, l’élaboration d’un code monétaire et financier visant à unifier le cadre juridique applicable au secteur. Le programme prévoit également la préparation des textes d’application de la loi relative au redressement des établissements bancaires et l’achèvement du dispositif encadrant l’octroi de la garantie de l’État aux opérations de liquidité d’urgence. Enfin, le gouvernement entend poursuivre l’alignement du cadre prudentiel du secteur financier sur les normes internationales. Autant de mesures qui doivent accompagner l’évolution des modes de financement de l’économie tout en veillant à préserver la solidité du système financier. The post PLF 2027 : Le gouvernement passe à l’encadrement des cryptomonnaies appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc .
Après plusieurs années d’attente, le Maroc s’apprête à franchir une nouvelle étape dans l’encadrement des cryptoactifs.







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