Hier, l’Assemblée nationale a connu une scène inhabituelle lors de l’examen en plénière du très polémique projet de loi de finances rectificative (Lfr). Alors que le rapporteur de la Commission lisait son rapport, un frémissement a parcouru l’hémicycle. Le président de l’Assemblée nationale décide alors de suspendre les travaux. En cause : une fumée qui s’échappe d’un coin de la grande salle. Quelques minutes plus tard, la séance reprend. Avant d’être interrompue une seconde fois, pour une tout autre raison. Cette fois, c’est Ousmane Sonko qui accède à la demande du gouvernement de renvoyer le texte en Commission pour une deuxième lecture. Un geste qui pourrait bien ouvrir la voie à une désescalade entre l’Exécutif et le Législatif, engagés depuis plusieurs jours dans un bras de fer autour de cette Lfr. En acceptant de se donner une seconde chance, les deux parties laissent entrevoir la possibilité d’un compromis. Après les passes d’armes par conférences et points de presse interposés, l’heure serait-elle enfin au dégel ? Et si cette fumée qui a soudain envahi l’hémicycle était le signe prémonitoire d’une bonne nouvelle ? Comme cette fumée blanche qui s’élève au-dessus de la chapelle Sixtine pour annoncer au monde l’élection d’un nouveau Pape, au terme du conclave. On veut y croire. D’autant que les lignes de fracture semblent se resserrer entre les deux camps. Un indice nourrit cet espoir : si Pastef avait voulu pousser la confrontation jusqu’au bout, aurait-il accepté le renvoi du texte en Commission demandé par le gouvernement ? Rien n’est encore joué, mais ce choix laisse entrevoir une volonté de ne pas claquer définitivement la porte. Les premiers signes de détente étaient d’ailleurs perceptibles dans le communiqué du groupe parlementaire de Pastef, publié la veille de la plénière, qui exprimait sa disponibilité à renouer le dialogue avec l’Exécutif. Reste à espérer que ces signaux d’apaisement marqueront la fin d’un bras de fer dont les flammes commençaient à lécher les relations entre les deux pouvoirs. Car au-delà de la joute politique, c’est le Sénégal qui risque d’en payer le prix, avec des conséquences économiques et financières difficiles à mesurer. Alors, vivement que la fumée soit blanche ! Et qu’on puisse bientôt s’exclamer, comme au lendemain d’un conclave : « Habemus Lfr ! ». Elhadji Ibrahima THIAM
Hier, l’Assemblée nationale a connu une scène inhabituelle lors de l’examen en plénière du très polémique projet de loi


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