Les Jeux olympiques de la jeunesse constituent une opportunité pour le monde des affaires, selon le président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes). « C’est l’Afrique qui accueille, le Sénégal qui célèbre, et qui va bénéficier certainement de beaucoup de retombées sur le plan économique, financier et sur le plan de son image. Mais il reste à relever le défi de l’organisation et de la sécurité », affirme Abdel Kader Ndiaye. À l’en croire, il s’agit d’une opportunité qui peut aider à soulager le secteur privé, mais pas totalement, car les difficultés économiques que rencontrent certaines entreprises sont nombreuses, surtout pour celles qui sont installées à Dakar. « Vous avez vu que pour l’éclairage public, c’est un de nos membres qui est en train de se déployer », illustre-t-il. Aujourd’hui, la grande faiblesse du Sénégal réside, selon lui, dans la maintenance. « Nous invitons la population et tous les acteurs à s’investir pour qu’après les Joj, la place de l’Indépendance, l’aéroport ainsi que tous les ouvrages livrés et les infrastructures sportives mises à niveau puissent bénéficier d’un minimum d’attention et de maintenance. Cela permettra de préserver l’héritage », préconise Abdel Kader Ndiaye. Un fort moment d’attractivité et d’héritage, selon Oumy Sall Pour Oumy Sall, directrice de production de Sahel Découverte et secrétaire générale du Syndicat d’initiative – Office du tourisme de Saint-Louis, les Joj doivent être une occasion pour mieux promouvoir la destination. À l’en croire, les acteurs des agences de voyages et de tourisme doivent s’organiser en amont afin de concevoir des brochures d’excursions et de visites pendant les jeux, mais également des programmes post-Joj pour les hôtes en extension de séjour au Sénégal. Ces supports, dit Oumy Sall, doivent être présentés aux visiteurs au niveau des points d’information et d’orientation, à savoir les hôtels, les sites touristiques (monuments, musées, restaurants, etc.). « Des milliers de sportifs se rencontrent au Sénégal pendant 14 jours. Les Joj doivent être une occasion pour relancer le marketing international du Sénégal. Les organisateurs doivent, à travers la voix de ces sportifs internationaux, lancer un message d’appel pour la promotion de la destination », suggère Oumy Sall. Pour elle, l’organisation de cet important événement devrait laisser au Sénégal un véritable héritage en termes de nouvelles infrastructures, aussi bien sportives que touristiques. Toujours par rapport aux visites touristiques, la secrétaire générale du Syndicat d’initiative – Office du tourisme de Saint-Louis considère que l’offre doit être orientée vers les professionnels du secteur tels que les guides et le personnel d’appoint, afin de donner une belle image du Sénégal aux hôtes. « Et pour mieux réussir ce pari, il est nécessaire d’organiser des rencontres de sensibilisation et de renforcement des capacités pour bien maîtriser les produits touristiques et être bien outillés dans leurs tâches », prône Oumy Sall. Un facteur de renforcement de la diplomatie économique Pour le spécialiste en diplomatie économique, Babacar Sané Ba, Dakar 2026 sera le premier événement sportif olympique organisé sur le continent africain. Cette première offre au Sénégal, selon lui, une occasion particulière de présenter ses entreprises, ses talents et ses projets à des interlocuteurs internationaux. « En diplomatie économique, je considère que notre responsabilité est de transformer cette attention en relations d’affaires. Je recommande de mobiliser les ambassades, les organismes de promotion économique et le secteur privé autour de rencontres ciblées : présenter des projets prêts à être discutés, organiser des visites d’entreprises et mettre en relation des partenaires dont les besoins se complètent », explique Babacar Sané Bâ. Il estime que le sport peut également servir de point de départ à des coopérations dans la formation, la gestion d’équipements, le numérique ou les industries culturelles. Ces pistes doivent toutefois, dit-il, déboucher sur un suivi concret : un interlocuteur désigné, des engagements précis et un calendrier. « La visibilité ouvre une porte ; la diplomatie économique doit permettre de la franchir. Le résultat devra se juger sur les partenariats exécutés, les débouchés commerciaux et les investissements concrétisés », soutient Babacar Sané Bâ.En outre, il considère que les Joj peuvent renforcer l’attractivité du Sénégal s’ils permettent aux visiteurs et aux partenaires de faire l’expérience d’un pays accueillant, bien organisé et capable de tenir ses engagements. « Mon analyse est que la qualité de cette expérience sera aussi importante que la communication autour de l’événement. Il faut distinguer plusieurs objectifs : donner envie aux visiteurs de revenir, convaincre des organisateurs de choisir le Sénégal pour leurs prochains événements et susciter l’intérêt de partenaires économiques. Chacun demande une démarche spécifique. L’intérêt d’un touriste ne se transforme pas de la même manière que la décision d’un investisseur », ajoute Babacar Sané Bâ. Du côté de l’investissement, il pense que les jeux peuvent susciter un premier contact ; il faudra ensuite présenter des projets crédibles, des procédures claires et un accompagnement efficace. Pour le tourisme, Babacar Sané Bâ recommande de prolonger la découverte du pays au-delà des sites de compétition, en valorisant les territoires, le patrimoine et les savoir-faire. « L’ambition doit être de convertir la notoriété en confiance, puis la confiance en décisions concrètes : revenir, entreprendre, investir ou organiser un événement au Sénégal. Cette conversion demandera une action suivie après les Joj », conclut Babacar Sané Bâ. D. DIENG
Les Jeux olympiques de la jeunesse constituent une opportunité pour le monde des affaires, selon le président de la Conf




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