Virement instantané en hausse de 78 %, paiement mobile de 42 %, cartes bancaires de 20 % : le rapport annuel de Bank Al-Maghrib sur les infrastructures de marchés financiers et les moyens de paiement décrit une bascule rapide des usages. Les règlements chez les commerçants via portefeuille mobile restent toutefois marginaux, un point que la Banque centrale entend corriger par le plafonnement de l’interchange, un fonds dédié à l’acceptation et un schéma national de paiement. Les échanges scripturaux ont atteint 718 millions d’opérations en 2025, en hausse de 15 %, pour une valeur proche de 6 121 milliards de dirhams (+10 %). Le rapport de Bank Al-Maghrib couvrant l’exercice 2025 en déduit une moyenne de 19,4 transactions par habitant/an. Deux instruments tirent la dynamique : le virement instantané, dont le nombre d’opérations a augmenté d’environ 78 %, et le paiement mobile, en hausse d’environ 42 %. Dans la structure des échanges en nombre, le virement conserve la première place avec 47,6 % (48,9 % en 2024), devant la carte bancaire à 32 % (30,8 %) et le prélèvement à 7,8 %. Le virement instantané passe de 2,6 % à 4 % et devance désormais le chèque et le paiement mobile, qui pèsent chacun 3,9 %, tandis que la lettre de change normalisée plafonne à 0,8 %. En valeur, la hiérarchie diffère : le virement détient 62,3 % des montants (61,1 % en 2024), le chèque recule de 23,8 % à 21,9 %, la lettre de change normalisée pèse 6,6 % et le prélèvement 6,1 %. Le virement instantané et la carte atteignent respectivement 1,8 % et 1,2 % des montants, contre 1,1 % chacun un an plus tôt, alors que le M-Wallet reste à 0,1 %. Les échanges au sein d’un même établissement demeurent majoritaires, avec 66 % des opérations en nombre et 54 % en valeur. Le rapport l’explique principalement par la démocratisation des applications bancaires et par la gratuité des transferts en intra-établissement. Sur le circuit interbancaire du GSIMT, le nombre d’opérations atteint 165 millions, contre 151 millions en 2024, grâce aux virements (121 millions, contre 105 millions), dont 29 millions de virements instantanés. Les chèques et les prélèvements reculent chacun de 5 %. En nombre, le virement instantané représente 18 % des échanges interbancaires, quand le chèque tombe à 14 %, après 16 % en 2024 et 24 % en 2022. Le montant moyen d’un virement instantané ressort à 3,70 KDH, le plafond unitaire étant fixé à 20 000 dirhams, contre 13,30 KDH pour un virement standard. Du côté des cartes, 230,1 millions d’opérations ont été enregistrées pour 70,8 milliards de dirhams, soit 20 % de plus en nombre et 12 % en valeur. Les paiements via les terminaux de paiement électronique sont passés de 153,3 à 184,5 millions d’opérations, pour 58,6 milliards de dirhams contre 52,2 milliards, et le sans-contact atteint 113,1 millions d’opérations, contre 94,4 millions, soit 30 % de la valeur des paiements sur terminal, contre 27 %. Le e-commerce progresse de 16 %, à 44,8 millions d’opérations, pour 12,1 milliards de dirhams, et pèse 20 % des paiements en nombre et 17 % en valeur. Les cartes internationales utilisées au Maroc affichent 55,5 millions d’opérations pour 55,7 milliards de dirhams, en hausse de 28 % et 16 %. Sur le plan de la sécurité, la conformité à la norme EMV s’établit à 99,9 % à fin 2025. Le paiement mobile s’appuie sur des comptes de paiement dont le stock a atteint 16,221 millions, contre 13,822 millions en 2024, 10,3 millions en 2023 et 6,8 millions en 2022. Ils se répartissent entre 4,3 millions de comptes de type 1, 6,2 millions de type 2, 5 millions de type 3 et 0,7 million de type 4, avec des plafonds respectifs de 1 000, 4 000, 20 000 et 100 000 dirhams, selon la classification introduite par la circulaire 2/W/2024 du 20 décembre 2024. Vingt offres de M-Wallet sont présentes sur le marché, dont 13 émises par des établissements de paiement, qui concentrent 73 % de l’encours, à 12 millions de portefeuilles sur un total de 16,4 millions, contre 13,7 millions un an plus tôt. Le nombre de transactions est passé de 19,7 à 28 millions, pour 7,3 milliards de dirhams contre 3,9 milliards, en raison principalement du déversement des aides sociales directes sur les comptes de paiement. La nature de ces opérations en dit long sur le stade atteint par le paiement mobile. Pour les portefeuilles émis par des établissements de paiement, le règlement de factures représente 69 % des transactions en nombre (72 % en 2024) et les transferts de mobile à mobile 28 % (26 %), les retraits au GAB étant limités à 2 % et les paiements chez les commerçants à une part marginale. Pour les portefeuilles adossés à des comptes bancaires, les transferts de mobile à mobile deviennent la première catégorie, avec 51 % des opérations contre 26 % un an plus tôt, devant les factures (32 %, contre 53 %), les retraits au GAB (10 %) et les achats chez les commerçants (6 %). En valeur, les paiements chez les commerçants ne dépassent pas 2 % pour les banques et restent quasi inexistants pour les établissements de paiement. Le rapport en conclut que la montée en charge des paiements mobiles auprès des commerçants reste tributaire du développement de l’acceptation marchande et de l’élargissement des cas d’usage de proximité. C’est précisément l’objet de la Stratégie de Développement des Paiements 2024-2028, qui fait passer la priorité de la diversification des instruments à leur utilisation effective, en particulier pour les paiements de proximité, les petits montants et les flux récurrents. La Banque centrale y raisonne en marché biface : l’usage par les porteurs suppose un réseau d’acceptation suffisamment large, et l’intérêt des commerçants grandit à mesure que l’usage progresse. Le suivi s’appuiera sur des indicateurs d’usage, parmi lesquels la part des paiements marchands et l’évolution des retraits d’espèces. Un Comité de Place des Paiements, présidé par Bank Al-Maghrib et réunissant établissements de crédit, établissements de paiement et gestionnaires d’infrastructures, a été mis en place en 2025. Sur le terrain de l’acceptation, la Banque centrale a poursuivi l’ouverture du marché de l’acquisition à de nouveaux acteurs, afin de passer d’un modèle historiquement concentré à un environnement plus concurrentiel, avec des offres adaptées aux petits commerces. Elle a plafonné à 0,65 % hors taxes les commissions d’interchange domestiques sur les cartes émises au niveau national, et des travaux ont été engagés pour en simplifier la structure. Le Fonds de Développement de l’Acceptation, institué début 2026, a fait l’objet en 2025 d’un travail de conception : gouvernance, modèle de financement, modalités d’intervention, critères de ciblage des commerçants, conditions de participation des acquéreurs, mécanismes de reporting. Son efficacité sera jugée au nombre de commerçants actifs, à la fréquence des paiements, aux volumes traités et à la pérennité des usages après la période d’accompagnement, et non au seul équipement en terminaux. L’interopérabilité constitue l’autre chantier. Les travaux sur le Schéma National de Paiement, engagés en 2025, couvrent les standards techniques, les règles d’interopérabilité et de qualité de service, l’harmonisation des formats de messages, la standardisation du QR Code et la création d’un annuaire central des alias de paiement. Parallèlement, un dispositif conventionnel d’Open Banking est en préparation avec le Groupement Professionnel des Banques du Maroc, en vue d’une ouverture progressive vers l’Open Finance. Le rapport rappelle aussi que Bank Al-Maghrib a contribué aux travaux ayant abouti, en janvier 2026, à la loi n° 71-24 modifiant et complétant le Code de commerce. À l’international, la Banque centrale a poursuivi les échanges avec BUNA, le système régional arabe de règlement des paiements transfrontaliers, en vue d’admettre le dirham parmi les monnaies de règlement. Elle a rejoint en juin 2025 le système panafricain de paiement et de règlement PAPSS, qui couvrait à fin novembre 2025 19 pays, plus de 160 banques commerciales et 15 switchs de paiement. La concrétisation des bénéfices attendus pour les entreprises exportatrices reste conditionnée, précise le rapport, à la maîtrise d’enjeux de finalité du règlement, de risque de change et de liquidité, de sécurité et de coopération entre autorités. Les travaux sur la monnaie numérique de banque centrale, menés depuis 2021 avec l’appui du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, restent de nature exploratoire et ne préjugent d’aucune décision d’émission. Une expérimentation de paiement transfrontalier entre particuliers en environnement multidevises a été conduite en 2025 avec la Banque mondiale et la Banque centrale d’Égypte. Quant aux crypto-actifs, un avant-projet de loi n° 42-25, élaboré par un groupe de travail réunissant Bank Al-Maghrib, le ministère de l’Économie et des Finances et l’AMMC, a été soumis à consultation publique en octobre 2025, ses textes d’application étant en cours d’élaboration avec l’appui de la Banque mondiale. The post Paiements numériques : le virement instantané grimpe de 78% appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc .
Virement instantané en hausse de 78 %, paiement mobile de 42 %, cartes bancaires de 20 % : le rapport annuel de Bank Al-





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