Au pays de la Samba, la remontada se désigne par le mot « Virada ». C’est exactement la prouesse électorale que le président Lula a réussie. En se faisant réélire à près de 52 % des votes pour un quatrième mandat après un premier tour catastrophique, derrière son adversaire conservateur Flavio Bolsonaro. Belle performance pour Lula, 81 ans, sur qui, il y a 15 jours, peu de pronostiqueurs misaient. Le peuple des réseaux sociaux, — avec trois millions d’électeurs de plus qu’au second tour qui n’ont pas entendu se la faire raconter —, s’est déplacé en masse pour aller voter et enterrer les rêves de retour en force du clan Bolsonaro par la grande porte. C’est à croire que les réseaux sociaux ne jouent pas partout le même rôle. En France, Emmanuel Macron, tout naturellement agacé par les manifestations violentes en série, flétrissait, il y a quelques jours, ces mêmes réseaux sociaux en les accusant d’« abîmer la démocratie ». Au Brésil, le peuple des réseaux sociaux s’est levé comme un seul homme, au second tour, pour barrer la route au nationaliste Bolsonaro fils, digne héritier d’un père, Jair Bolsonaro, qui a failli enterrer la démocratie au Brésil en 2022, en voulant par la force des armes confisquer le pouvoir. Après Viktor Orban en Hongrie, il y a quelques mois, et le Premier ministre populiste serbe Aleksandar Vucic (battu cette semaine par le Mouvement des étudiants), c’est un bastion fort du nationalisme pro-Trump qui s’effondre avec la défaite de Bolsonaro. Pas surprenant que le président américain n’ait pas aimé du tout le résultat de l’élection présidentielle brésilienne qu’il a qualifiée de « lamentable » et « truquée ». « Franchement, ça ressemblait à une autre élection truquée… C’était tellement corrompu », a-t-il dit à des journalistes à Washington. La rivière nationaliste est en décrue par les temps qui courent. Avec le risque de baisser davantage aux États-Unis où les élections de mi-mandat risquent de ne pas être de tout repos pour Donald Trump qui pourrait perdre le contrôle du Congrès américain, fortement menacé par les Démocrates qui rêvent tout naturellement de prendre leur revanche dès cette année. Pendant que Flavio, le fugitif, débarque en réfugié politique aux États-Unis, son ami Donald prévient qu’il ne reconnaîtra les résultats des élections américaines de mi-mandat du 3 novembre seulement si… le « scrutin est honnête ». Reste à savoir ce qu’il faut mettre dans ce qualificatif. La décrue nationaliste commence à interroger. D’autant plus qu’en Israël, Netanyahou ne vit pas que des moments totalement tranquilles actuellement. Le vote de dimanche ne l’a pas fait perdre totalement mais… pas gagner aussi totalement. S’il venait à être battu, avec un Trump privé de la majorité parlementaire dans son pays, les choses pourraient être assez compliquées pour le camp de l’Internationale « nationaliste ». Bonne ou mauvaise nouvelle ? Bien évidemment, c’est selon. Mais des perspectives de relance du multilatéralisme éprouvé par les temps qui courent et d’apaisement des conflits au Moyen-Orient et pourquoi pas aussi en Europe, qui pour s’en plaindre ? Enfin… un célèbre penseur ne disait-il pas que « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée » ? ibrahimakhalil.ndiaye@lesoleil.sn
Au pays de la Samba, la remontada se désigne par le mot « Virada ». C’est exactement la prouesse électorale que le prési




Comentários