Première communauté étrangère installée en Espagne, les Marocains transforment peu à peu leur ancrage en propriété. Au premier semestre 2026, cette dynamique les a hissés en tête des acheteurs étrangers de logements, au détriment des Britanniques. Habiter plutôt que séjourner : c’est ce qui sépare le plus les acheteurs marocains des Britanniques sur le marché immobilier espagnol. D’après des données notariales relayées par la presse du pays, 4 897 des 4 960 logements acquis par des Marocains entre janvier et juin 2026 sont destinés à servir de résidence principale, soit 98,7 %. Chez les Britanniques, cette part plafonne à 52,6 %, avec 2 388 logements sur 4 551. Cette différence éclaire le changement de leader, les Britanniques ayant longtemps occupé la première marche du podium. En nombre de transactions, les Marocains devancent leurs rivaux de 409 achats, soit environ 9 %. En résidences principales, l’écart devient net : ils en ont acquis plus de deux fois plus. La demande britannique garde, elle, une coloration plus saisonnière, portée par les loisirs et le tourisme sur les côtes. Le socle démographique est considérable : plus de 910 000 Marocains détiennent un permis de séjour en cours de validité. Pour une large part de cette population, l’achat d’un logement prolonge un parcours d’installation sociale et professionnelle déjà engagé dans le pays. Leur empreinte dépasse désormais les grandes villes et le littoral. Elle s’étend à des communes touchées par la perte d’habitants, celles de l’« Espagne vidée », où les Marocains représentent par endroits une part importante de la population, quand ils ne sont pas plus nombreux que les résidents espagnols. Ils y contribuent aussi à la vie économique locale. Cette évolution concerne ainsi des territoires qui peinent à retenir leurs habitants. Le prix payé reflète cette orientation vers des localités moins chères. Les acheteurs marocains ont déboursé 801 euros en moyenne par mètre carré, le niveau le plus faible parmi les principales nationalités étrangères présentes sur le marché. Une part de leurs achats se concentre ainsi sur des biens à prix modéré, dans des communes plus abordables que les métropoles ou les pôles touristiques. À Alicante, sur la façade méditerranéenne, c’est une autre nationalité maghrébine qui domine le peloton étranger : les Algériens. Entre janvier et mars 2026, ils y ont réalisé 104 achats, devant les Ukrainiens (62) et les Italiens (47), puis les Néerlandais, les Polonais et les Français. L’écart avec la deuxième place atteint ainsi 42 transactions. Sur les 584 ventes conclues avec des étrangers dans la ville durant ce trimestre, ils en totalisent près de 18 %. Le profil de leurs acquisitions est précis. Ils recherchent des appartements anciens de 75 à 80 mètres carrés, avec trois ou quatre pièces, situés dans des quartiers populaires et aux abords du centre-ville, pour des budgets compris le plus souvent entre 85 000 et 125 000 euros. La dépense moyenne par bien ressort à 132 079 euros, soit un peu plus de la moitié des 245 431 euros que les acheteurs étrangers consacrent en moyenne dans l’ensemble de la province d’Alicante. Le rapport espagnol met ces achats en rapport avec le poids démographique de la communauté algérienne, qui compte entre 16 000 et 17 000 résidents dans la province. The post Espagne : 4 960 logements acquis par des Marocains en six mois appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc .
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