L e meurtrier commet une imprudence : empruntant le téléphone à une jeune femme, sa maîtresse, il appelle la mère de la victime et la menace pour qu’elle cesse de parler. Homicide : Après plus d’un an de cavale, le jeune homme condamné pour le meurtre d’Adil, poignardé en novembre 2024 dans un complexe touristique près de M’diq, est tombé dans les filets de la police judiciaire grâce à un simple coup de téléphone. Nous sommes à Marina Smir, à vingt kilomètres de la ville de Tétouan. Il est tard, ce fin novembre 2024, quand une dispute éclate entre deux hommes. Adil, un jeune originaire de Tétouan, et un jeune homme venu de Sebta que l’on surnomme «Tajina». Rien, à cet instant, ne laisse présager le drame. Puis la voiture du jeune homme s’arrête. Il en descend, un grand couteau à la main, et frappe. Les coups sont profonds, les blessures fatales. Adil s’effondre sur place, tandis que son agresseur s’évanouit dans la nuit. Les services de la police judiciaire se mobilisent et une note de recherche à l’échelle nationale est lancée, mais le fugitif demeure introuvable. Les mois s’écoulent. Sur les réseaux sociaux, la colère grandit, et la mère d’Adil, inlassablement, réclame que la lumière soit faite sur la mort de son fils. C’est cette pression qui va perdre le fuyard. Nerveux, étouffé peut-être par le vacarme entourant l’affaire, il commet une imprudence : empruntant le téléphone à une jeune femme, sa maîtresse, il appelle la mère de la victime et la menace pour qu’elle cesse de parler. Elle se rend aussitôt à la police. La Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) prend le relais. Le numéro, la position et les déplacements de l’appareil sont passés au crible, et la piste conduit à la propriétaire du téléphone, à Tanger. Le jeune homme, lui, prenait soin de ne jamais utiliser son propre portable. Le 30 avril 2026, une année et demie plus tard, il est attiré par sa maîtresse dans un appartement de Tanger, où une équipe spéciale l’attend. Il tente de fuir en sautant par-dessus un mur, mais sa chute lui fait perdre l’équilibre. Il est arrêté après une brève résistance. Pourtant, l’histoire ne fait que s’ouvrir. Des sources fiables affirment que le jeune homme avait déjà été arrêté en février 2024 à Manilva, près de Malaga, soupçonné de diriger un réseau spécialisé dans les règlements de comptes et le vol de voitures, avant d’être relâché. Certaines sources évoquent qu’il était un tueur à gages intégré à une bande transfrontalière. Devant le parquet général près la Cour d’appel de Tétouan, il a fait des déclarations jugées graves. Il a révélé l’existence d’un vaste réseau de trafic de cocaïne entre les deux rives de la Méditerranée, et une vingtaine de noms, jusqu’à 24 personnes, dont certains connus dans les milieux du trafic. Le procureur général ordonne alors de vérifier ces affirmations auprès des brigades antidrogues. Rien, à ce stade, n’a été prouvé. Le procès, d’abord fixé au 5 mai, est repoussé au 12, puis au 19, tant le dossier se ramifie. Puis vient le temps du verdict. Le mardi 13 octobre 2026, la chambre criminelle près la Cour d’appel de Tétouan a condamné l’accusé à trente ans de réclusion criminelle. Recevez les dernières actualités d’Aujourd’hui Le Maroc directement sur WhatsApp
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