Le secteur touristique national amorce un tournant stratégique à la faveur de l’exercice budgétaire 2027, coïncidant avec l’achèvement de la feuille de route sectorielle 2023-2026. Tout en réaffirmant l’ambition nationale d’accueillir 26 millions de visiteurs d’ici 2030, le Projet de loi de finances (PLF) 2027 dessine les grandes priorités des pouvoirs publics pour consolider cette croissance. Malgré des records d’arrivées et de recettes en devises, le gouvernement pointe lui-même la persistance de plusieurs freins structurels : disparités régionales marquées, insuffisance de l’offre d’animation et de loisirs, fragilité du tourisme intérieur, liaisons aériennes limitées sur certains marchés émetteurs et déficit de compétences qualifiées au sein des services d’accueil. Près de 3 MMDH d’investissements et une offensive aérienne ciblée Pour soutenir cette nouvelle phase, les établissements et entreprises publics (EEP) opérant dans le tourisme et l’artisanat prévoient d’engager 2,979 milliards de dirhams (MMDH) en 2027, soit une hausse d’environ 34 % par rapport aux prévisions révisées de 2026. Cette enveloppe est très majoritairement absorbée par l’Office national marocain du tourisme (ONMT), crédité de 2,217 MMDH, et par la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), dont les investissements prévisionnels quadruplent pour s’établir à 676 millions de dirhams (MDH). Sur le front de l’aérien, l’ONMT prépare la signature d’un accord-cadre quinquennal avec Ryanair afin de développer de nouvelles bases d’aéronefs, d’accroître les dessertes intérieures et d’alimenter les aéroports régionaux secondaires. Des conventions pluriannuelles sont également en cours de négociation avec des compagnies comme Transavia, Vueling et Wizz Air, ciblant en priorité la péninsule Ibérique, le Benelux et l’Europe centrale et orientale. L’Office vise parallèlement à consolider les liaisons directes vers l’Amérique du Nord, tout en explorant quatre grands bassins chinois et en amorçant une pénétration sur le marché indien. En complément de la contractualisation de sièges aériens, l’organisme mise pour la seule saison hivernale 2026-2027 sur un objectif commercial de 1,4 million de clients et 5 millions de nuitées. Parcs de loisirs, villages ruraux et patrimoine culturel Sur le terrain, la SMIT poursuit sa mission d’ingénierie et d’aménagement pour enrichir l’expérience des visiteurs au-delà des circuits conventionnels. L’année 2027 verra l’accélération et l’achèvement progressif de projets écotouristiques et de montagne majeurs, notamment à Oukaïmeden, au Parc national d’Ifrane, au Parc national du Toubkal ainsi qu’autour du Dino Parc dans la province d’Azilal, complétés par le démarrage des études et des opérations pour la future station balnéaire d’Aghroud. Cette dynamique d’attractivité territoriale s’appuie également sur la valorisation de 16 villages ruraux dotée de 188 millions de dirhams pour créer des infrastructures d’accueil directes, sur la réhabilitation culturelle de la médina de Tiznit pour un coût global de 40 MDH (dont 20 millions engagés en 2027), ainsi que sur la revalorisation du littoral à Dakhla à travers l’aménagement des plages de Foum Labouir et Trouk. Cet appui au développement des infrastructures régionales vient capitaliser sur le bilan 2020-2025 de l’ingénierie publique, durant lequel la SMIT a accompagné des initiatives privées ayant permis de générer 47.700 lits supplémentaires et plus de 1.500 installations de loisirs, représentant plus de 41 MMDH d’investissements cumulés. Capital humain, fiscalité et mobilisation du foncier public L’accompagnement de la filière s’appuie également sur la consolidation du capital humain pour combler le manque de main-d’œuvre opérationnelle. Quatre mécanismes de perfectionnement sont ainsi reconduits : les cycles « Cap Excellence » pour l’apprentissage professionnel, « Middle Managers » pour l’encadrement intermédiaire, la formation continue d’excellence pour le personnel en exercice, et le dispositif « KAFAA » de certification des acquis. Le texte budgétaire prévoit également la poursuite de la modernisation des instituts hôteliers de Touarga, Tanger et Ouarzazate ainsi que de l’ISITT de Tanger, avec l’objectif d’atteindre 50 % d’inscriptions féminines dès 2027. Sur le volet incitatif, le gouvernement maintient l’exonération quinquennale de l’impôt sur les sociétés pour les revenus hôteliers en devises rapatriées, dont la dépense fiscale est estimée à 7 millions de dirhams. Cette trajectoire s’articule enfin avec les grands chantiers nationaux de transport et d’aménagement foncier. Tandis que l’ONDA prévoit 10,68 MMDH d’investissements pour moderniser les terminaux et viser une capacité de 80 millions de passagers en 2030, et que l’ONCF engage 29,02 MMDH pour muscler le réseau ferroviaire, le domaine privé de l’État demeure un levier central de soutien à l’investissement touristique. Sur la période courant de 2025 au premier semestre 2026, 85 projets touristiques ont bénéficié de la mobilisation de 2 654 hectares de foncier public pour un volume d’investissement prévisionnel de près de 5,4 milliards de dirhams et plus de 4 170 emplois projetés. Après une année 2025 marquée par de fortes attributions à Rabat-Salé-Kénitra et dans le Souss-Massa, les six premiers mois de 2026 confirment l’attractivité de Marrakech-Safi, qui concentre à elle seule 1,88 MMDH d’engagements financiers sur les terrains concédés. The post PLF 2027 : une transition budgétaire stratégique pour soutenir l'essor du tourisme marocain vers le cap de 2030 appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc .
Le secteur touristique national amorce un tournant stratégique à la faveur de l’exercice budgétaire 2027, coïncida





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