Combien de personnes travaillent aujourd’hui pour le secteur public au Maroc ? La question paraît élémentaire. Pourtant, il est étonnamment difficile d’y apporter une réponse précise. Chaque année, à la même période, lorsque le projet de loi de Finances est déposé au Parlement, il est accompagné d’une pile de documents budgétaires et statistiques tout aussi intéressants les uns que les autres. Entreprises publiques, foncier, investissements, dépenses fiscales… pratiquement tous les domaines de l’action publique y sont passés en revue. L’un de ces documents porte précisément sur les ressources humaines de l’administration publique. Il donne une image bien documentée et suffisamment détaillée des effectifs des fonctionnaires, à l’individu près, de leur répartition par région, par département, de leurs profils, de leurs tranches de salaires… Pourtant, tenter aujourd’hui de connaître avec exactitude le nombre total de personnes qui travaillent pour le secteur public dans sa globalité peut relever d’une véritable quête impossible. Car, aussi détaillé soit-il, ce document sur les ressources humaines ne renseigne en réalité que sur une partie des effectifs, peut-être même pas la moitié. Car en plus des fonctionnaires des administrations et ministères, il faut compter les salariés des collectivités territoriales, ceux des entreprises et établissements publics, sans oublier les personnels des nombreuses institutions, agences et autres organismes plus ou moins autonomes. Autant de catégories qui relèvent, directement ou indirectement, du secteur public mais qui ne figurent pas toutes dans un même décompte. Certes, le ministère des finances, la Trésorerie générale du Royaume, les établissements publics ou encore les organismes de retraite disposent chacun de données détaillées sur les personnels relevant de leurs périmètres respectifs. Des chiffres existent donc, mais ils sont éparpillés et ne portent pas toujours sur les mêmes catégories, ne sont pas établis selon les mêmes méthodes et ne correspondent pas nécessairement aux mêmes années. Les additionner ne permet donc pas d’obtenir un effectif national fiable. Il est tout de même difficile d’imaginer qu’en 2026, l’administration marocaine ne soit pas en mesure de produire une statistique consolidée, précise et actualisée de l’ensemble des personnes travaillant pour le secteur public. D’autant plus qu’il ne s’agit pas d’une donnée secondaire. Connaître les effectifs réels du secteur public, leur répartition et leur évolution est une information de base pour l’élaboration, la conduite et l’évaluation des politiques publiques. Saâd Benmansour
La question paraît élémentaire. Pourtant, il est étonnamment difficile d’y apporter une réponse précise. Chaque année, à


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