Absente du projet de loi de finances 2026, la ligne consacrée aux produits de cession de participations de l’État fait son retour dans le PLF 2027, à hauteur de 6 milliards de dirhams, sans que le texte désigne la moindre cible. Le projet de loi de finances n° 60-26 pour 2027 remet à son tableau de recettes un poste que le texte précédent avait laissé vide : 6 milliards de dirhams attendus de la vente de participations publiques. Rangée à la nature de recette 60, dans la section dévolue à la Direction des entreprises publiques et de la privatisation, la ligne n’est assortie d’aucune précision sur les sociétés visées, sur l’échéancier ou sur la forme des opérations, qu’il s’agisse de privatisations proprement dites, d’ouvertures de capital ou de transferts entre entités publiques. Ce retour se comprend à la lumière des deux derniers exercices. La loi de finances 2025 avait tablé sur 9 milliards de dirhams au titre de ces opérations, répartis entre 6 milliards pour les privatisations et 3 milliards pour des ventes d’actifs ou des opérations entre organismes publics. Le volet des privatisations est pourtant resté lettre morte : aucune cession n’a été conclue au cours de l’année. Le PLF 2026 en avait tiré la conséquence en n’inscrivant aucun produit de cette nature, ce qui avait marqué une pause nette dans le programme. Le montant de 2027 correspond donc exactement à celui que la loi de finances 2025 réservait aux seules privatisations, sans la composante des cessions d’actifs. L’Exécutif rouvre ainsi une ligne qu’il avait fermée un an plus tôt, alors que le chantier juridique destiné à encadrer ces opérations n’est pas achevé. Cette réforme vise à moderniser les procédures de vente des participations publiques et à les rendre cohérentes avec la restructuration en cours des établissements et entreprises publics. À l’échelle du budget de l’État, la somme n’a rien d’anecdotique. Les recettes ordinaires du budget général sont évaluées à 482,4 milliards de dirhams, dont 437,4 milliards de recettes fiscales. Le solde du budget général, calculé hors produits des emprunts et hors amortissement de la dette, ressort à un déficit de 88,7 milliards, et les besoins bruts de financement de l’État atteignent 159,0 milliards. Les 6 milliards de cessions équivalent ainsi à près de 7 % de ce solde négatif. Ils se situent aussi dans le voisinage du dividende attendu de l’OCP, fixé à 6,4 milliards, et dépassent très largement les 995,2 millions de dirhams escomptés des participations financières de l’État dans diverses sociétés. Le projet ne dit rien des entités concernées, et ce silence n’a rien d’inédit. À la reprise du programme en 2019, le ministre des Finances d’alors avait déjà indiqué qu’aucune liste n’était arrêtée, en précisant seulement que les opérations porteraient sur des cessions ou des ouvertures de capital d’entités déjà constituées en sociétés anonymes. Sur le plan légal, la liste des entreprises et actifs privatisables comprend notamment Maroc Telecom, Marsa Maroc, l’hôtel La Mamounia, Énergie électrique de Tahaddart, Biopharma et la Société nationale de commercialisation de semences, Sonacos. Cette liste donne à l’État la faculté de lancer une vente lorsque la décision est prise, mais elle ne permet pas de savoir lesquelles de ces entités seront effectivement mises sur le marché en 2027. Un détail des annexes retient l’attention. Le service de l’État géré de manière autonome chargé de la privatisation figure dans les tableaux sans le moindre montant, ni en recettes ni en dépenses, que l’on considère l’exploitation ou l’investissement. L’enveloppe de 6 milliards repose donc sur une prévision de recettes du budget général, et non sur une dotation propre à ce service. La ligne s’inscrit enfin dans un ensemble de recettes non fiscales de nature patrimoniale, qui occupent une place significative dans l’équilibre du projet. Les produits à provenir de l’Agence nationale de la Conservation foncière, du Cadastre et de la Cartographie sont évalués à 7,2 milliards de dirhams, soit le montant le plus élevé parmi les établissements publics, tandis qu’une ligne de produits divers est fixée à 5 milliards de dirhams, sans le moindre détail. Avec les cessions de participations, ces trois lignes totalisent 18,2 milliards de dirhams de recettes dont le projet ne précise ni la mécanique ni les sources. The post PLF 2027 : l’État réinscrit 6 milliards de DH de privatisations appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc .
Absente du projet de loi de finances 2026, la ligne consacrée aux produits de cession de participations de l’État fait s





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