Le président de la Chambre des conseillers, Mohamed Ould Errachid, a plaidé pour le retour des habitants des camps de Tindouf, estimant qu’ »une autre génération » ne devait pas grandir sous les tentes. Intervenant ce lundi 2 novembre, lors d’une séance plénière commune consacrée aux derniers développements de la question du Sahara, le président de la Chambre des conseillers a salué la dynamique diplomatique autour de l’initiative marocaine d’autonomie. Il a appelé à renforcer l’action parlementaire sur les scènes bilatérale et multilatérale, tout en réaffirmant l’attachement du Maroc au cessez-le-feu et à la défense de son intégrité territoriale. Les récents développements autour du dossier du Sahara appellent à une mobilisation accrue des institutions nationales, notamment du Parlement. C’est le message porté par le président de la Chambre des conseillers lors d’une séance plénière consacrée à cette question, au cours de laquelle il a salué le contenu du communiqué du Cabinet royal et les avancées enregistrées par la diplomatie marocaine. Oul Errachid a en ce sens, estimé que le Royaume se trouvait à « un moment délicat et décisif de l’histoire de notre première cause nationale », rappelant que derrière les positions diplomatiques et les décisions internationales se trouvent « une cause nationale, la mémoire d’un peuple, les sacrifices de générations et la volonté d’une nation qui n’accepte aucun renoncement à son intégrité territoriale ». Il a également exprimé sa « profonde fierté » à l’égard du communiqué du Cabinet royal, qu’il considère comme le signe d’un changement d’approche. Selon lui, le Maroc passe « d’une logique de gestion du conflit à une approche fondée sur une transformation profonde des paramètres qui ont longtemps déterminé le cours de notre cause nationale ». © Mounir Mehimdate Le soutien au projet de résolution, un signal politique Dans son intervention, le président de la Chambre des conseillers a mis en avant les acquis diplomatiques enregistrés sous le leadership du roi Mohammed VI. Il a notamment évoqué la position collective exprimée par l’Union européenne au cours de l’année, ainsi que le ralliement de nouveaux pays, issus de différentes régions du monde, à la position marocaine. Il est également revenu sur le vote intervenu au Conseil de sécurité, soulignant que onze membres avaient soutenu le projet de résolution visant à revoir le mandat de la MINURSO et à faire de l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine le seul fondement des négociations et du règlement définitif. Si le projet n’a finalement pas été adopté, le responsable estime que le nombre de voix favorables constitue un signal politique important. « Lorsqu’il a été appelé à choisir entre l’immobilisme et une solution, le système international n’a pas opté pour l’immobilisme », a-t-il déclaré, considérant que cette dynamique traduit une orientation vers « le réalisme et la crédibilité de la position de notre pays ». Le président de la Chambre des conseillers a par ailleurs adressé ses remerciements aux États, gouvernements, parlements, unions parlementaires et institutions ayant exprimé leur soutien au Maroc. Il a appelé les autres parties à « revoir les positions qui ont contribué à prolonger l’impasse » et à s’engager dans une démarche « responsable et réaliste », loin de toute logique de temporisation. Trois priorités pour l’action parlementaire Le responsable a également insisté sur la nécessité de renforcer la mobilisation institutionnelle autour de la question du Sahara. Il a, à cet égard, rappelé que la position marocaine repose sur l’articulation entre légitimité historique et légitimité démocratique, ainsi que sur la participation des populations des provinces du Sud aux institutions constitutionnelles et à la gestion des affaires publiques. À ce titre, il a mis en avant les liens historiques d’allégeance entre les tribus sahraouies et les sultans et rois alaouites, ainsi que la participation électorale. Il a notamment cité les élections législatives du 23 septembre, au cours desquelles les provinces du Sud auraient enregistré les taux de participation les plus élevés à l’échelle nationale. Face aux évolutions du dossier, le président de la Chambre des conseillers a identifié trois axes prioritaires pour l’institution parlementaire. Le premier consiste à « renforcer la diplomatie parlementaire bilatérale et multilatérale » et à poursuivre l’accompagnement des efforts de la diplomatie officielle. Le deuxième porte sur le renforcement de la capacité législative du Parlement afin de suivre les différentes évolutions liées à la question du Sahara, alors que le troisième concerne la mobilisation nationale et la consolidation du front intérieur, présenté comme un soutien essentiel à la défense de l’intégrité territoriale. Pour lui, cette cause « transcende les divergences politiques et partisanes » et constitue un facteur de rassemblement des institutions et des forces vives du pays. Une autre génération ne doit pas grandir sous les tentes L’un des passages les plus marquants de son intervention a porté sur la situation des habitants des camps de Tindouf. Le président de la Chambre des conseillers a estimé que les derniers développements ne devaient pas être considérés uniquement comme la fin du mandat d’une mission onusienne, mais comme « l’ouverture d’un nouvel horizon vers le règlement définitif du dossier du Sahara marocain ». © Mounir Mehimdate Il a surtout appelé à mettre un terme aux souffrances des populations vivant dans les camps. « Toute une génération a grandi sous des tentes présentées comme provisoires. Il ne faut pas qu’une autre génération y grandisse à son tour », a-t-il affirmé. Dans ce contexte, il a présenté le retour au Maroc comme une perspective qui ne devrait être perçue comme une défaite par aucune partie. « Le retour dans la patrie n’est une défaite pour personne. Il constitue au contraire un retour au foyer, dont les portes sont restées ouvertes », a-t-il dit, évoquant la possibilité pour les personnes concernées de participer au développement des provinces du Sud dans le cadre de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du Royaume. Le Maroc réaffirme son attachement au cessez-le-feu En conclusion, le Ould Errachid a réaffirmé l’attachement du Maroc à la paix et au cessez-le-feu, tout en soulignant la détermination du Royaume à préserver sa souveraineté, l’unité de son territoire et la sécurité de ses citoyens. Il a également rendu hommage aux martyrs de l’intégrité territoriale et aux sacrifices des Forces armées royales déployées aux frontières du pays. Ses remerciements ont aussi été adressés aux différentes composantes des forces militaires et de sécurité, notamment la Gendarmerie royale, la Sûreté nationale, les Forces auxiliaires, la Protection civile et les autorités locales. 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