La chute des cours de l’or sur les marchés internationaux, qui sont passés sous le seuil des 4 000 dollars l’once, enregistrant leur plus forte baisse depuis un an, a eu des répercussions directes sur les transactions et suscité une vive attention parmi les bijoutiers, les commerçants de bijoux ainsi que les citoyens marocains. Une véritable « contradiction » apparaît toutefois entre l’effondrement rapide des cours sur les écrans des marchés financiers internationaux et la lenteur de sa répercussion effective sur le marché local. Les marchés des métaux précieux ont connu, à la clôture des échanges de la semaine, une forte correction. L’or au comptant a ainsi reculé de 3,5 %, pour s’établir à 3 880,97 dollars l’once, enregistrant son plus bas niveau depuis octobre 2025. De leur côté, les contrats à terme américains sur l’or, à échéance décembre, ont chuté de 3,3 %, à 3 898,90 dollars. Ces pertes ont été provoquées par une vague de ventes massives ayant touché les valeurs technologiques, sur fond d’inquiétudes concernant les investissements dans l’intelligence artificielle. Cette situation a poussé les investisseurs à liquider une partie de leurs positions sur l’or afin de couvrir leurs appels de marge sur les marchés financiers. Parallèlement, l’argent, le platine et le palladium ont également enregistré des baisses importantes. Analysant les répercussions de cette évolution internationale sur les transactions quotidiennes au Maroc, le prix de l’or brut 18 carats a enregistré une baisse notable, s’établissant à environ 1 020 dirhams le gramme, à titre indicatif. Il a ainsi reculé de 17 dirhams, soit 1,64 %, par rapport à la clôture des échanges de vendredi, selon une plateforme marocaine spécialisée dans l’actualité de la bijouterie et de la joaillerie (18K). Toutefois, cette baisse, malgré son caractère manifeste, « ne reflète pas l’ampleur totale du recul enregistré à l’échelle internationale, qui correspondrait théoriquement à près de 70 dirhams par gramme », selon les informations recueillies par Hespress auprès de sources professionnelles. Des professionnels spécialisés dans le commerce des bijoux et de la joaillerie ont expliqué qu’il existe une distinction fondamentale entre ce que l’on appelle le « prix affiché à l’écran », qui correspond aux cotations des marchés boursiers internationaux, et le prix « physique » réellement pratiqué sur les marchés marocains. Ces sources ont souligné que le cours mondial « ne s’applique pas immédiatement ni automatiquement sur le marché local, mais reste soumis à la loi de l’offre et de la demande ainsi qu’aux besoins du marché ». Ainsi, les cours peuvent s’effondrer sur les marchés étrangers tandis que les prix intérieurs demeurent stables et résistent à la baisse, en l’absence d’une dynamique d’achat et de vente incitant les bijoutiers à adopter les nouvelles cotations. Soufiane, professionnel du secteur de l’or et de la bijouterie à Rabat, a expliqué la « première baisse » enregistrée sur le marché national, estimée à environ 17 dirhams, par « la volonté urgente de certains propriétaires et détenteurs d’or de vendre leurs stocks et de disposer de liquidités dès qu’ils ont constaté les premiers indicateurs de baisse sur les marchés internationaux ». Il a indiqué que « ces vendeurs préfèrent renoncer à une marge bénéficiaire d’environ 20 dirhams par gramme afin d’éviter de se retrouver avec des marchandises immobilisées ou de subir des pertes plus importantes si la tendance baissière se poursuit ». Il décrit cette démarche comme une opération de liquidation rapide visant à préserver le capital. Évoquant l’activité quotidienne des commerces, son interlocuteur a fait état d’« une forte stagnation qui touche le secteur de la bijouterie et de la joaillerie au Maroc ». Cette situation est alimentée par l’érosion du pouvoir d’achat et la rareté des liquidités (« cash ») chez les clients, alors que les prix du métal jaune demeurent à des niveaux historiquement élevés. Il a expliqué que « les ventes classiques, fondées sur le paiement en espèces et l’achat de bijoux, ont atteint leur niveau le plus bas ». L’activité se concentre désormais essentiellement sur une catégorie de clientes qui échangent leurs anciens bijoux contre de nouvelles pièces aux designs plus modernes, en ne payant qu’une différence limitée destinée à couvrir les frais de fabrication. Cette pratique prive les marchés de nouveaux apports de liquidités susceptibles de dynamiser le cycle économique du secteur. Concernant le calendrier de répercussion de la baisse internationale sur les transactions locales, Soufiane a expliqué que la coïncidence de ce recul avec la fin de semaine, notamment les journées de samedi et de dimanche, avait temporairement gelé les ajustements des prix. Il estime que les effets réels de cette baisse commenceront à se manifester progressivement sur les marchés nationaux dans un délai de deux à trois jours. Il considère que la poursuite du recul des cours internationaux contraindra les commerçants et les fournisseurs de matières premières à sortir de cette situation d’immobilisme et à réduire leurs prix afin de faciliter les transactions. Il a toutefois averti que « le refus de procéder à ces réductions les exposerait à des pertes considérables, supérieures au coût d’une baisse immédiate des prix ». Sur la base des calculs et des données recueillies par Hespress auprès des professionnels, les marchés locaux devraient « enregistrer une baisse supplémentaire comprise entre 20 et 30 dirhams par gramme d’ici le milieu de la semaine ». Il a souligné qu’un écart de cette ampleur, même s’il peut sembler limité pour un acheteur ordinaire, représente un risque financier considérable pour les bijoutiers et les commerçants. En effet, une baisse de 20 dirhams par gramme se traduit par une perte directe de 20 000 dirhams pour chaque kilogramme d’or (1 000 grammes). Il s’agit d’un montant important qui contraint les propriétaires d’ateliers et de commerces à écouler rapidement leurs stocks afin d’éviter de les immobiliser dans un contexte de baisse des cours. S’agissant des perspectives à court terme et de l’évolution de l’activité des bijoutiers à l’approche de la fin de l’année, les professionnels du secteur s’accordent à dire que « le marché connaît généralement une reprise saisonnière limitée au cours de la dernière semaine précédant le Nouvel An ». Cette période est marquée par une hausse de la demande pour les bijoux légers destinés à être offerts en cadeau. Ils estiment toutefois que « cette reprise reste ponctuelle et modeste au regard de la stagnation structurelle » qui caractérise le marché de l’or et continue de peser sur le rythme des achats des consommateurs. The post Or : une baisse de 20 à 30 dirhams le gramme attendue sur le marché marocain appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc .
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